Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Éva Perón & ses ancêtres basques
Éva Perón & ses ancêtres basques © Getty

Aux Sources de la Légende / Épisode n°3 : Misère au soleil (Affaire : Éva Peròn)

Diffusion du mercredi 25 décembre 2019 Durée : 2min

Saviez-vous que l’histoire des ancêtres d'Éva Perón prend racine, un siècle plus tôt, dans la province du Labourd ? Sa grand-mère paternelle a vu le jour dans le petit village de Souraïde. Elle se prénommait Marie…

Marie Manechena naît le 5 novembre 1823. Ses parents habitent la maison Urrutia, une modeste ferme qu’ils louent à Souraïde, près d’Espelette. Sur cette terre d’élevage et de culture, les fins de mois sont dures, très dures. Jean, le patriarche, ne possède ni ferme, ni terres agricoles. Tandis que Marie vaque aux tâches ménagères, le chef de famille exerce le dur labeur de journalier. Un métier rude qui l’aide à survivre en louant, au gré des jours, ses services et la force de ses bras aux paysans du canton. Jean Manechena a 67 ans lorsque les gendarmes d’Espelette se présentent à la ferme, un beau matin de mai 1842. Ils l’interpellent pour le vol de cinq agneaux au préjudice d’un voisin. Le suspect proteste de toutes ses forces mais rien n’y fait. Le soir-même, le juge de paix du tribunal de Bayonne l’envoie dormir sous les verrous, à la prison de la ville. Son épouse et sa fille de dix-neuf ans sont mortes de honte !

Dix jours plus tard, le vieux paysan comparaît devant le tribunal correctionnel. Il ne s’exprime qu’en langue basque. Son avocat tente bien d’implorer l’indulgence des trois juges. En pure perte. Le malheureux fermier est déclaré coupable de vol. Le tribunal lui inflige la peine d’une année d’emprisonnement. Il crie à l’injustice mais c’est trop tard. Les gendarmes le ramènent déjà à la prison. Son épouse manque de s’évanouir. Avec Marie, sa fille, elle rentre à Souraïde. Au village, chacun les regarde dorénavant de travers. Aux yeux de tous, elles sont l’épouse et la fille du voleur ! Derrière les murs de sa cellule, Jean Manechena fait aussitôt appel devant la cour impériale de Pau. Un mois plus tard, il a rendez-vous avec ses juges pour un second procès. Les convaincra-t-il cette fois de son innocence ? A la maison, Marie, sa fille, endure la misère et la honte. Elle comprend vite qu’ici, dans cette province du Labourd, son avenir est sombre…