Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

L'histoire d'Éva Perón débute au Pays Basque !
L'histoire d'Éva Perón débute au Pays Basque ! © Getty

Aux Sources de la Légende / Épisode n°4 : le Paria (Affaire : Éva Peròn)

Diffusion du jeudi 26 décembre 2019 Durée : 2min

Saviez-vous que l’histoire des ancêtres d'Éva Perón s’est construite, un siècle plus tôt, dans le canton d’Espelette ? Son arrière-grand-père paternel traverse une épreuve dramatique qui marquera l’histoire de ses proches : accusé de vol, il se retrouve en prison, à Pau…

Un beau soleil d’été illumine ce matin du 14 juin 1842. Voilà un mois déjà que Jean Manechena croupit derrière les murs d’une prison. Cet après-midi, il comparaît devant les juges de la cour d’appel de Pau, au parlement de Navarre. Le vieux paysan basque compte bien les convaincre qu’il n’est coupable de rien. Jamais il n’a volé les cinq agneaux de son voisin Peyo, à Souraïde. L’audience commence. Encadré de deux solides gendarmes, le prévenu jure ses grands Dieux : à l’entendre, il s’agit d’une déplorable erreur judiciaire ! Les juges vêtus de rouge écoutent l’interprète en langue basque qui leur traduit les mots du père Manechena. Assises sur un banc réservé au public, son épouse et sa fille scrutent ces juges au langage incompréhensible. Pour le procureur, la cause est entendue : Jean Manechena est un voleur. Il mérite pleinement l’année de prison que les juges bayonnais lui ont infligée. A son tour, son avocat plaide la relaxe.

Le soir même, la sentence tombe : les juges palois n’ont pas cru un mot aux protestations d’innocence du pauvre fermier de Souraïde. Ils le déclarent, une nouvelle fois, coupable de vol. Manechena purgera donc douze mois de prison à l’ombre du cachot. Marie, son épouse, rentre dépitée au Pays Basque. Avec l’aide de sa fille aînée, elle doit maintenant élever seule leurs trois autres enfants en bas âge. Les mois passent. Du fin fond de sa prison, le patriarche leur annonce qu’il sera bientôt libéré. Le 15 juin 1843, le prisonnier aura payé sa dette à la société. Hélas, le destin frappe une nouvelle fois. Six jours avant la date de sa sortie, les gardiens découvrent le corps du vieil homme pendu au bout d’une corde : Jean Manechena s’est suicidé ! La nouvelle parvient à Souraïde le lendemain. Chez ses proches, c’est la désolation. Marie, sa fille aînée, est sûre d’une chose. Elle va bientôt prendre le premier bateau pour l’Argentine…