Replay du mercredi 9 septembre 2020

3 vaches et un serment Épisode n°3 : loi du talion

- Mis à jour le

Retour en l’an 1373, dans la vallée Béarnaise du Barétous où les paysans livrent une guerre sans serci à leurs voisins de Navarre. Pedro, un habitant du Roncal, est accusé d’avoir tué un jeune berger d’Arette. Vengeance des béarnais qui assassinent l’épouse de l’espagnol.

Arette et le col de la Pierre Saint Martin, le théâtre de ces événements entre béarnais et basques espagnols
Arette et le col de la Pierre Saint Martin, le théâtre de ces événements entre béarnais et basques espagnols © Getty - KAROLOS TRIVIZAS

En Barétous ou en Navarre, c’est dorénavant la Loi du Talion : « Œil pour œil, Dent pour Dent ». Pedro Carrica est fou de rage. Les Béarnais ont assassiné son épouse ! Il faut donc la venger. Un groupe de 25 basques espagnols prend aussitôt la route. Lorsqu’ils arrivent à Arette, Anginar Sansoler et ses amis arrosent leur vengeance à grands tonneaux de vins. La représaille sera sanglante. Les espagnols exécutent sur le champ Sansoler et ses compagnons. Fin du Troisième acte. Les assaillants Navarrais reprennent aussitôt la route. Mais, en chemin, ils tombent dans une embuscade meurtrière au Col de Suscousse, près de la ligne de partage des eaux. Leurs ennemis béarnais les attendaient. Bilan : 25 morts. Fin du quatrième acte ! L’engrenage fatal débute. Entre tueries et vengeances, les bonnes relations d’antan sont révolues. Une sanglante guerre intestine va secouer les abords du Col de la Pierre Saint Martin.

Que sait-on de ces combats frontaliers entre deux communautés si proches ?

Deux années durant, on ne compte plus les embuscades, les vols de bétails, les incursions en territoire ennemi, et les meurtres. Le bilan humain est effrayant. Les historiens évaluent à plus de 300 morts le tribut de cette guerre frontalière et fratricide. Une agitation paysanne qui finit par agacer Gaston Fébus, le Souverain du Béarn, et son homologue de Navarre, Charles II. A la différence de quantités d’autres guerres, les adversaires ne se disputent pas les limites géographiques d’un territoire. Cette fois, les habitants des deux vallées revendiquent l’accès à une source de montagne, des abreuvoirs et des pâturages. Tout cela mérite-t-il un tel désastre ?  L’Église s’en mêle. Les Évêques de Bayonne, Oloron et Pampelune tentent à leur tour de calmer les belligérants. Sans grand résultat. Le salut viendra finalement d’un modeste curé de campagne, celui du village d’Aramits. L’homme d’église n’en peut plus de cette guerre de clocher.

Mots clés: