Replay du lundi 18 mai 2020

Bienvenue chez le Diable / Épisode n°1 : Un bras, une jambe (Affaire Liron-Silva)

Il y a 90 ans, une affaire criminelle hors norme agitait le département des Basses-Pyrénées. Mars 1930, 2 pêcheurs de Ciboure découvrent un bras et une jambe, dans le lit de la Nivelle. Une enquête criminelle exceptionnelle débute. Elle doit d’abord identifier l’homme découpé en 12 morceaux !

Maisons basque à Ciboure ou s'est déroulée l'affaire Liron-Silva
Maisons basque à Ciboure ou s'est déroulée l'affaire Liron-Silva © Getty - Oliver Strewe

Les vieux habitants de Ciboure s’en souviennent encore. La rue Arnaud Massy, qui longe le centenaire Golf de la Nivelle, a longtemps été surnommée le « quartier du crime ». Pourquoi diable un pareil sobriquet ?
L’affaire débute dans la soirée du dimanche 30 mars 1930, il est 19h. 2 pêcheurs, profitant de ce que la Nivelle est à marée basse, déambulent paisiblement le long du fleuve. Leur attention se porte soudain sur un curieux objet abandonné. Ils s’approchent. Stupéfaits, les 2 hommes voient bien la même chose : un bras humain recouvert d’une manche de chemise et de tricot repose sur de la vase. Ils écarquillent les yeux. Plus loin, c’est une jambe que l’eau du fleuve a rejetée à même le sol. Incrédules, ils se rendent aussitôt à l’Hôtel du Golf d’où ils alertent la Gendarmerie de Saint Jean-de-Luz. Quelques minutes plus tard, les militaires sont sur place. Dans la soirée, le procureur bayonnais et le légiste arrivent à leur tour

Quel diagnostic le médecin légiste livre-t-il aux enquêteurs ?

Après un rapide examen de la peau, de l’os et des parties molles, le docteur Foix est formel. Le bras et la jambe proviennent du corps d’un homme adulte de forte corpulence. Ils ont été découpés à l’aide d’une scie ! Ça ressemble à du boulot de professionnel, selon le légiste qui en a pourtant vu d’autres. Il n’y a donc plus aucun doute. Un crime a été commis dans les environs. A l’enquête maintenant d’identifier la victime, de dater le décès, et de confondre le meurtrier. L’annonce du crime se répand dans la nuit comme une traînée de poudre. Le lendemain matin, l’édition du journal Sud-Ouest Républicain titre à la Une : « Des débris humains découverts à Ciboure. Horreur et Stupéfaction dans la Cité ». Certains croient à un poisson d’avril avant l’heure. Le va et vient des enquêteurs efface bien vite la thèse d’un canular. Les gendarmes commencent par éplucher le registre des personnes disparues. Ces derniers temps, on ne leur a rien signalé…

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