Replay du mercredi 3 mars 2021

L'affaire Désiré Landru : Désiré, épisode n°3, destination Vernouillet

En novembre 1921,s’ouvrait le procès de Landru. Parmi ses onze victimes, on recense une jeune veuve originaire d’Oloron. Installée à Paris, Thérèse Laborde lance une petite annonce. Début 1915, un employeur propose de la recruter comme dame de maison. Ravie, Thérèse s’apprête à déménager.

Après son départ de  la rue Patay à Paris, personne ne reverra Thérèse Laborde vivante
Après son départ de la rue Patay à Paris, personne ne reverra Thérèse Laborde vivante © Getty - Symphonie Ltd

Quelques jours plus tard, Thérèse Laborde vient saluer la concierge de son immeuble. La jeune veuve est ravie d’annoncer à sa confidente qu’elle va quitter son modeste appartement du premier étage. Dorénavant, elle résidera dans la splendide propriété de son futur employeur, à Vernouillet, dans les Yvelines. Thérèse ne tarit pas d’éloges sur cet homme qu’elle a rencontré, il y a peu : « Un monsieur très comme il faut, très distingué, intelligent. Quand il parle, on aimerait qu’il ne se taise jamais… ». La concierge écoute la locataire, ivre de bonheur, lui raconter les longues ballades avec cet homme à la voix douce, à la barbe noire et aux yeux si brillants. Thérèse Laborde semble tombée sous le charme. Le mois suivant, l’ancienne Oloronaise n’y va pas par quatre chemins. Elle annonce à son amie concierge qu’elle est tombée folle amoureuse de cet homme qui devait l’embaucher. Thérèse songe tout bonnement à se remarier.

La jeune Oloronaise prépare donc son départ pour une nouvelle vie

Le 24 Juin 1915, un taxi noir s’arrête devant le 95 rue Patay, à Paris. Un homme barbu de petite taille met pied à terre. Il vient chercher Thérèse Laborde qui sort, valises à la main, pour sa nouvelle destination, dans les Yvelines. Avant de quitter définitivement l’immeuble, la jeune béarnaise salue la concierge qui aura été sa confidente, trois années durant. « C’est aujourd’hui le grand jour » ! Peu avant, deux déménageurs de la rue Mouffetard ont vidé les meubles qui garnissaient l’appartement de Thérèse. Le taxi noir démarre et s’éloigne. A compter de cet instant, nul n’a revu Thérèse Laborde vivante. Les jours, les mois, les semaines passent. Ses proches finissent par s’inquiéter. La police dresse une fiche de recherche numérotée 605 au nom de Laborde Thérèse. S’ensuit sa description physique et une mention : disparue de son domicile, 95 rue de Patay, en juin 1915. Quatre années durant, le mystère demeure inexpliqué.