Replay du jeudi 29 octobre 2020

L’Affaire du Crash du Constellation, Consternation, épisode n°4 : Fauchés au Printemps de leur vie

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Il y a 70, le vol Air France reliant Paris à New-York s’écrasait au large de l’Ile des Açores. Il y avait, à son bord, Marcel Cerdan et cinq jeunes bergers habitant la vallée des Aldudes. C'est le choc dans les Basses-Pyrénées.

La vallée des Aldudes au Pays Basque
La vallée des Aldudes au Pays Basque © Getty - Philippe Giraud

La mort accidentelle du Champion du Monde de boxe fait l’effet d’un drame planétaire. Dans le département des Basses-Pyrénées, de nombreuses familles plongent également dans le deuil. Parmi la quarantaine de passagers à bord, cinq vaillants garçons nés en Basse-Navarre avaient pris leur ticket pour le nouveau monde. Dans ce petit coin du Pays Basque nord, les habitants sont sous le choc. Guillaume Chourrut, le plus âgé des cinq, était âgé de 28 ans. Employé comme domestique depuis son adolescence, ce gaillard a laissé au pays ses vieux parents et ses sept frères. Il caressait le rêve d’une vie meilleure, au Texas, où un vieil oncle lui confierait la direction d’un petit Ranch. Guillaume a attendu une année pour décrocher le précieux sésame et sauter dans le premier avion. A ses côtés, quatre jeunes garçons ont pris place. Il y a d’abord Pierre Etchepare, un autre solide domestique employé dans une ferme du canton de Garazi.

C’est le village montagnard des Aldudes qui a perdu trois des siens

Aux Aldudes, le village a perdu trois de ses enfants. Jean-Louis Arambel avait 19 ans. Il a quitté ses montagnes pour rejoindre un de ses oncles, au Nouveau-Mexique. Jean-Pierre Aduritz était à peine majeur. 21 ans. Issu d’une famille pauvre, il pensait avoir décroché le graal avec une embauche au Texas où, espérait-il, ses proches pourraient un jour le rejoindre. L’aîné de ces trois copains, Jean-Pierre Suquilbide, 25 printemps, s’est mis à rêver à l’ombre du fronton du village. Écoutant ses aïeux rentrés des Amériques, il a vibré en imaginant ces histoires de chevaux, de western et de pâturages qui s’étendent à l’infini. Ces cinq là caressaient tous un rêve commun : gagner leur vie pour revenir, un jour, au pays. Y acheter une ferme et un lopin de terre. Fonder une famille. Sonnée par ce drame, la population des environs assiste en masse à leurs obsèques. Les autorités du Département sont là. Unies pour un ultime Au Revoir

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