Replay du mercredi 13 janvier 2021

L’affaire Notre Dame de Betharram : silence dans les rangs, épisode n°3 parole au plaignant

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En décembre 1995, un père de famille habitant Gelos dénonce de vilaines pratiques éducatives qui auraient cours au sein de la vénérable Notre Dame de Betharram. Son jeune fils en aurait souffert par deux fois en moins d’une année. Plainte est déposée. L’enquête judiciaire commence.

l’Institution Notre Dame de Betharram
l’Institution Notre Dame de Betharram © Maxppp - BORDERIE JEAN-LOUIS

A la Brigade de Nay, les gendarmes se mettent discrètement au travail. Le premier témoin, c’est Marc. L’adolescent de 14 ans raconte que le premier incident remonte à janvier 1995. Un camarade casse malencontreusement un verre. Selon le règlement, tout verre cassé sera facturé deux francs. Le surveillant général, Monsieur de BEHR, hausse le ton : cette fois, « ce sera cinq francs » ! Le jeune Marc la ramène : « c’est un peu cher pour un simple verre ! ». La blague potache n’est vraiment pas du goût de Mr de BEHR qui la prend pour une marque d’insolence. Le surveillant lui assène une violente baffe au visage. Sonné, le gamin reste interdit. Il raconte l’incident à son père qui demande des explications. On lui rétorque que c’est un incident : « Mr de BEHR n’a sans doute pas mesuré la portée de son geste ». Malgré ses séquelles à l’oreille, Marc restera à Betharram. Il est un bon élève et il a ici ses meilleurs copains. L’incident est donc clos…

Affaire classée, enfin pas vraiment. Quelques mois plus tard, rebelote…

Dix mois plus tard, nouvel incident. Il est 20h30 ce 5 décembre. Marc est sagement allongé dans son lit. Avant l’extinction des feux, Thomas, un jeune surveillant du dortoir, l’appelle à jeter un œil sur un magazine moto. « Sans intérêt » pour Marc qui fait un geste de la main, lui exprimant son indifférence. Le surveillant prend la mouche. Il hausse le ton et ordonne à l’adolescent de quitter son lit sur le champ : « Au perron ! ». Et de suite. Le perron, une punition redoutée au sein de l’Institution Notre Dame. Une heure durant, Marc devra grelotter, vêtu d’un slip et d’un tee-shirt, sur une estrade posée au bord du Gave. Il fait zéro degré par cette nuit noire. Transi de froid, l’ado regagne sa chambrée vers 22h. Nouvelle colère du surveillant qui lui ordonne de retourner dehors. Marc ne se laisse pas faire. Il essuie en retour une volée de coups qui met le feu aux poudres. « L’affaire » est maintenant sur la place publique. Elle fait les gros titres du 10 avril 1996.

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