Replay du lundi 1 juin 2020

Rivière Rouge / Épisode n°1 : Veille de week-end, veille de printemps (Affaire: double assassinat de Baïgorry)

Mars 1982, il y a 38 ans, le village basque de Saint-Étienne-de-Baïgorry attire les médias de France et de Navarre à l’occasion d’un drame qui reste gravé dans toutes les mémoires...

Une histoire tragique à Baïgorry
Une histoire tragique à Baïgorry © Getty

Le printemps pointe déjà le bout de son nez, ce vendredi 19 mars 1982. Le village frontalier de Saint-Étienne-de-Baïgorry s’apprête à vivre un week-end rugbystique : dimanche, l’équipe locale rencontrera celle d’Ondres en demi-finale du championnat honneur de la Côte Basque. L’évènement alimente bon nombre de conversations. Ici, la vie y est tranquille. Chacun se connaît. C’est à peine si les habitants du cru prêtent attention à la présence de policiers en tenue qui patrouillent, de jour comme de nuit, sur les routes des environs. Depuis peu, une compagnie de CRS, venue de La Rochelle, vient appuyer la police aux frontières basée au village d’Arneguy. Du col d’Ispeguy aux Aldudes, le voisinage avec l’Espagne est un souci majeur pour le préfet palois et le ministère de l’intérieur. Qu’il s’agisse de pourchasser la contrebande, le passage de clandestins, ou d’activistes espagnols, le travail ne manque pas…

La présence de ces policiers ne passe probablement pas inaperçue…

Une quinzaine de ces fonctionnaires a élu domicile à l’Hôtel-Restaurant Juantorena, sur la route menant au village de Banca. Des policiers venus d’ailleurs que chacun, du marchand de journaux à M. le curé, salue respectueusement. Chacun, enfin presque… A Baïgorry, quelques-uns voient cette présence policière d’un très mauvais œil. C’est ici qu’un certain Philippe Bidart et d’autres jeunes garçons, nés au village et dans les environs, ont fondé, quelques années plus tôt, le groupe d’action Iparretarrak (traduisez ceux du nord en langue basque). Leur crédo : la défense de la langue et de la culture basques, au besoin par la violence. Depuis quelques mois, Bidart passe pour le chef nationaliste côté Nord. Armé d’un revolver planqué dans sa ceinture, l’homme de 29 ans est en fuite après un braquage, six mois plus tôt, près de Dax. Ce 19 mars 1982 marquera d’une pierre noire l’histoire du village de Baïgorry...