Replay du jeudi 21 mai 2020

Bienvenue chez le Diable / Épisode n°4 : Passage à table (Affaire Liron-Silva)

L’incroyable affaire du Crime de Ciboure nous ramène il y a 90 ans, en mars 1930. Deux pêcheurs découvrent un bras et une jambe démembrés dans la Nivelle. L’enquête débute et un suspect est vite interpellé. Cet employé modèle au Restaurant du Golf doit maintenant s’expliquer sur son rôle exact…

Cette nuit là, à Ciboure, les amants frappent...
Cette nuit là, à Ciboure, les amants frappent... © Getty

Une longue nuit d’interrogatoire commence à la gendarmerie luzienne. A la première audition, Miguel Silva fait mine de ne pas comprendre. La disparition soudaine de José Gomez ne lui dit strictement rien ! Les gendarmes abattent alors leur carte : « Ton veston tâché de boue et de sang, ainsi que la scie découverte dans ton placard, c’est un hasard ? ». Le suspect s’effondre en larmes et passe aux aveux. Voilà quatre ans que Maria et José Gomez occupaient le premier étage de la villa Ongi-Etorri, face au Restaurant du Golf où Silva bosse et habite. L’employé est devenu, peu à peu, l’amant de Maria. Au coin de l’oreiller, la dame volage lui confie que José la bat et qu’elle rêve de se venger. Elle pourrait même s’installer en ménage avec lui si, d’aventure, il l’aidait…à s’en débarrasser définitivement. A force d’insister, la diabolique Maria finit par obtenir ce qu’elle recherchait. L’employé modèle, célibataire isolé en France, tombe dans le panneau.

Quel récit le suspect n°1 livre-t-il aux enquêteurs ?

Selon Silva, le drame remonte au lundi 10 mars. Après une rude journée de labeur, l’ouvrier plongeur se couche. Maria frappe à sa porte. « C’est aujourd’hui ou jamais » ordonne-t-elle. Miguel s’habille. Pour lui mettre du cœur à l’ouvrage, Maria lui sert un curieux breuvage. « Une liqueur forte qui l’aurait enivré » avant de partir accomplir la sinistre besogne. Maria ouvre l’appartement. Tandis que José Gomez dort à poings fermés, la diabolique tend un énorme bâton à son amant. D’un regard aussi noir que ferme, elle lui intime de passer à l’acte. Silva frappe deux violents coups sur le crâne du malheureux qui décède aussitôt. Maria, qui a tout préparé, installe ensuite une corbeille grâce à laquelle les deux amants transportent le corps du défunt jusqu’à la volière installée au fond du jardin. C’est là, à l’aide d’une scie, que Silva découpe le cadavre en douze morceaux. Les deux amants les jetteront ensemble, en pleine nuit, dans le lit de la Nivelle…