Replay du vendredi 22 mai 2020

Bienvenue chez le Diable / Épisode n°5 : Les amants à la barre (Affaire Liron-Silva)

En mars 1930, deux pêcheurs découvrent un bras et une jambe démembrés dans la Nivelle. L’enquête débute et un suspect est interpellé. Il affirme qu’il a assassiné son rival car l’épouse de ce dernier lui promettait de devenir la femme de sa vie. Que dit la commanditaire présumée pour sa défense ?

Au dessus de Ciboure, en 1930, le Diable résidait...
Au dessus de Ciboure, en 1930, le Diable résidait... © Getty - Julien Fromentin

Maria doit maintenant s’expliquer. Première audition, la dame joue la blanche colombe. Elle nie tout en bloc. Le récit accablant de son amant ? « Des balivernes ! ». A l’écouter, José est vivant ! Maria affirme qu’elle a même reçu une lettre de lui.  Dans ce courrier expédié le 17 mars depuis San Sebastian, le concubin affirme qu’il s’est installé outre Bidassoa et n’a aucune envie de revenir en France. Les gendarmes examinent la missive à la loupe. Une rapide comparaison d’écritures ruine l’alibi : la lettre reçue par Maria a été écrite par elle-même ! Là encore, Miguel livre la clef du mystère. Une semaine après l’assassinat, Maria l’a enjoint de se rendre à San Sebastian afin qu’il expédie l’enveloppe. L’alibi parfait selon la diabolique ! L’amant assène le coup de grâce. Il raconte comment Maria s’est débarrassée de la tête du malheureux : elle l’a incinéré, non pas chez elle, mais dans la cheminée de son amant ! Pour ne laisser aucune trace…

Les deux amants diaboliques prennent alors la direction du tribunal puis de la prison.

Les deux amants entrent maintenant dans le cabinet du Juge Garelon, face à la cathédrale de Bayonne. Les voilà inculpés d’assassinat et de complicité d’assassinat. Leur procès s’ouvre huit mois plus tard, en novembre 1930, à Pau. La presse parisienne et le célèbre chroniqueur judiciaire, Frédéric Pottecher, ont fait le déplacement. Une nouvelle fois, Maria pense attendrir ses juges. Elle arrive à l’audience, donnant le sein à sa fillette âgée d’à peine trois mois. Peine perdue ! Les jurés retiennent surtout le portrait au vitriol que les témoins dressent d’elle : agressive, jalouse, violente, menteuse et manipulatrice. La Cour d’Assises condamne l’un et l’autre à la prison à perpétuité. Unis dans le crime, les deux amants repartent unis dans la peine. Un siècle plus tard, la villa Ongi-Etorri affiche encore son nom. Les anciens de Ciboure se souviennent que derrière les fenêtres du premier étage, elle fut, une nuit, la Maison du Diable...