Replay du vendredi 25 septembre 2020

Cinq ans sous terre, épisode n°5 : l'addition (affaire Anouar Zehti)

Une mystérieuse disparition, en septembre 2010, d’un jeune homme habitant Orthez. Les gendarmes privilégient l’hypothèse d’un meurtre crapuleux, sans véritable preuve. C’est en mai 2015, soit 5 longues années plus tard, que la vérité éclate au grand jour.

Christian Bodei condamné en mars 2018 par la Cour d’Assises
Christian Bodei condamné en mars 2018 par la Cour d’Assises © Getty - Chris Ryan

Vendredi 22 Mai 2015, David Winkler pleure à chaudes larmes dans le bureau du juge d’instruction. Ravagé par ce lourd secret qu’il aura enfoui cinq années durant, il passe enfin aux aveux : ce dimanche 12 septembre 2010, lui et son ami, Christian Bodei, avaient rendez-vous avec Anouar Zehti au stade du village de Lendresse. L’endroit est calme. Il est 17h. Anouar arrive au volant de son véhicule. Il vient chercher le solde de sa créance de stupéfiants. David lui remet la moitié de la somme. Agacé, Anouar explose de colère à tel point qu’il aurait brandi un couteau, joignant le geste à la parole. Soudain, une détonation retentit. C’est Christian qui a tiré. Planqué dans un buisson, armé de son fusil de chasse, Bodei l’a tué d’une balle en pleine poitrine. Anouar a été achevé d’une seconde balle à la tête. Les 2 hommes l’ont ensuite chargé dans le coffre de sa voiture, avant de l’enterrer dans un sous-bois, près de la ferme des parents du tueur

Le soir-même, les gendarmes et le juge prennent la route de Lendresse, à la recherche du corps d’Anouar Zehti. A l’endroit que David a désigné, les enquêteurs exhument les restes du malheureux enfoui sous la terre. Anouar a reposé là, cinq années durant, dans ce sous-bois éloigné de tout. Le meurtrier présumé, Christian Bodei, est interpellé le lendemain. Il proteste et se dit innocent. Les accusations de son comparse ne seraient qu’une fable. Mais, deux éléments de preuve l’accablent : son fusil de chasse est l’arme qui a servi à l’exécution. Et surtout, Bodei a eu la langue trop bien pendue. En 2011, il avouait à deux jeunes femmes être le meurtrier. Hélas, la confidence a fini par remonter à la surface. En mars 2018, la Cour d’Assises juge ces deux accusés au profil bien sous tous rapports : 16 ans de prison pour le tueur, 15 pour son comparse. C’est ainsi : tôt ou tard, Dame Justice finit toujours par présenter l’addition.

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