Replay du vendredi 13 novembre 2020

D'un enfer à l'autre / Épisode n°5 : Une mort à mèche lente (Affaire Camino)

Janvier 1932, l’ancien maire d’Hendaye est étranglé par son propre fils. Depuis son retour de la Grande Guerre de 14-18, le jeune Camino développait de graves troubles du comportement. Après avoir commis son forfait, il se livre aux gendarmes...

Le Castel d'Andorte où le fils Camino a fini ses jours...
Le Castel d'Andorte où le fils Camino a fini ses jours... - Pierre Pech

Le meurtrier va calmement donner l’alerte. Il appelle la gendarmerie d’Hendaye qui le place aussitôt en garde à vue. Le suspect avoue bien vite les faits. Pourquoi ce crime ? Romaldo Camino répète à l’envie que son père voulait l’empoisonner ! Le lendemain, le suspect est conduit à l’ancien Palais de Justice de Bayonne. Le Juge D’Uhalt, en charge de l’instruction, inculpe le fils Camino du crime de parricide. Le soir même, il l’envoie sous les verrous de la Villa Chagrin. Le magistrat doit maintenant élucider un point : le meurtrier était-il sain d’esprit lorsqu’il a tué l’ancien maire d’Hendaye ? Si la réponse est oui, il risque les assises où les jurés pourraient bien l’envoyer sur la guillotine. Si la réponse est non, Camino junior pourrait bien terminer ses jours à l’ombre d’un asile psychiatrique. Un expert aliéniste va maintenant décider de son sort. Quelques mois plus tard, il livre ses conclusions : le fils Camino est pénalement irresponsable.

Pourquoi l’expert psychiatre livre-t-il ce diagnostic ?

Selon l’expert, le quadragénaire souffrait d’une maladie mentale qui excluait tout discernement. Il n’y aura donc aucun procès aux assises, à Pau. Le fils Camino quitte discrètement la Villa Chagrin. Deux infirmiers le conduisent dans une clinique psychiatrique de luxe, près de Bordeaux. C’est là, au Castel d’Andorte, un petit château entouré d’un parc verdoyant, que Romaldo Camino finira ses jours. Aux yeux de tous, le quatrième enfant du maire d’Hendaye était un homme brillant mais discret. L’ancien Officier de Santé est, certes, revenu vivant de Salonique. Mais, l’enfer de la guerre des Dardanelles l’a ensuite plongé dans un autre enfer, celui de la folie. Une mort à mèche lente. Dans les années 20, la psychiatrie peinait à soigner ce que l’on nomme les troubles post-traumatiques. Cruauté du destin : l’ancien médecin-soldat des Dardanelles, a commis l’irréparable le jour de la Saint Sébastien, le saint patron des militaires...