Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Le palais de justice de Pau
Le palais de justice de Pau © Radio France - Daniel Corsand

Deux fers au feu (affaire Stéphane Colliaux) - Épisode n°5 : le poids des mots, le poids des ans

Diffusion du vendredi 10 janvier 2020 Durée : 2min

Biarritz, mars 2012, un chef d’entreprise tente de tuer l’amant de sa femme. Un homme grièvement blessé que le suspect conduit aussitôt à l’Hôpital de Bayonne où il est appréhendé par les policiers. Au terme de 2 jours de garde à vue, le suspect est conduit devant le juge d’instruction.

Lundi 2 avril 2012, Stéphane Colliaux est conduit, menottes aux poignets, au Palais de Justice de Bayonne. La juge Anne Francavilla, le met en examen pour tentative d’assassinat. Le soir-même, le vaillant chef d’entreprise s’endort dans une cellule de la villa Chagrin, sur les bords de l’Adour. L’instruction commence. 2 années durant, la juge et ses enquêteurs explorent, à la loupe, la vie de ce couple en perdition. C’est à Cauterets, en février 2012, que Stéphane découvre l’infidélité de son épouse avec Christian Tour. Ce client du Taxi est curieusement en vacances de neige la même semaine... Surmené dans son travail, l’époux trompé sombre lentement dans la dépression, malgré les anxiolytiques. Il installe même une application sur son portable grâce à laquelle il surveille tous les faits et gestes de son épouse. L’entourage du couple est unanime : ces derniers temps, Stéphane était un homme détruit, prêt à mettre fin à ses jours.

L’heure du procès a maintenant sonné

3 ans après le drame, Stéphane Colliaux comparaît libre devant la cour d’assises siégeant à Pau. Il est accompagné de son épouse, bras dessus, bras dessous. A sa sortie de prison, en août 2012, Stéphane et Marie se sont remis en ménage, comme avant. Tout semble pardonné. Face à ses Juges, Stéphane jure qu’il n’a jamais voulu la mort de son rival. Il souhaitait juste « lui faire peur, lui montrer qu’il était prêt à se suicider si Marie ne rentrait pas au foyer ». Le Président de la Cour, Francis Bobille, suspecte l’épouse volage d’avoir soufflé le chaud et le froid, gardant ainsi deux fers au feu : un amant le jour, son époux le soir. Le verdict tombe : Stéphane Colliaux écope de 8 ans de prison pour tentative d’assassinat. Le soir même, il retourne en prison. L’accusé fait appel. Un an plus tard, à Tarbes, les jurés allègent sa peine : 3 ans ferme. Non plus pour un crime mais un simple délit avec arme. Aux assises, les mots ont un sens et un poids.