Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Un incendie pour tenter de couvrir un homicide ?
Un incendie pour tenter de couvrir un homicide ? © Getty

Dr Freud et Mr Hyde / Épisode n°1 : Le Crime de Belhade (Affaire Gérard Paysais)

Diffusion du lundi 10 février 2020 Durée : 2min

Décembre 1990, les magistrats Palois découvrent qu’un curieux « Expert en psychanalyse » sévit au sein des tribunaux de la région. L’homme est pourtant un escroc ! Problème : cet expert en fausses qualités a témoigné au cœur de l’un des plus importants procès criminels de la décennie...

Dimanche 15 décembre 1985, il est 2 h du matin. Un ouvrier forestier habitant le village de Belhade, au cœur de la Haute Lande, appelle les sapeurs-pompiers. Il signale qu’un violent incendie ravage actuellement la ferme des Bonnehon, nichée au cœur d’une clairière. Sitôt raccroché, l’ouvrier met à l’abri une femme d’une quarantaine d’années. Quelques instants plus tôt, cette inconnue frappait violemment à sa porte. Essoufflée, elle affirme être la sœur de Jean-Claude Bonnehon. Lorsque l’incendie a éclaté, elle dormait à l’intérieur. Par chance, elle est parvenue à s’enfuir en courant durant de longues minutes, à moitié nue, à travers la forêt. « Installez-vous au chaud » lance-t-il à cette inconnue qui semble complètement prostrée. Une demi-heure plus tard, les soldats du feu arrivent sur place et attaquent l’incendie. Au petit matin, l’ancien pavillon de chasse n’est plus qu’un amas de poutres fumantes et de carcasses calcinées.

En inspectant les décombres, les soldats du feu vont hélas faire une macabre découverte…

Au milieu des décombres, les pompiers découvrent trois cadavres carbonisés. Il y a le corps de Michel, le jeune garde-chasse, celui du maître des lieux, Jean-Claude Bonnehon, et enfin, celui de Lucienne, sa compagne. Les gendarmes entament sans tarder les premières constatations. L’incendie n’a hélas rien d’accidentel. Les trois victimes ont été exécutées d’une balle dans la tête avant d’être dévorées par les flammes. Le témoignage de l’unique survivante s’avère capital. La sœur de Bonnehon dormait à poings fermés lorsque, soudain, deux ou trois hommes ont surgi en pleine nuit au lieu-dit La Leyre. Par chance, elle a réussi à s’enfuir par une fenêtre avant de se réfugier dans un bosquet. Elle est formelle. Les visages d’au moins deux des tueurs sont gravés dans sa mémoire. Les gendarmes entament une enquête criminelle de grande ampleur. La thèse d’un règlement de comptes, sur fond d’affaires de mœurs, ne tarde pas à émerger…

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