Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Affaire de mœurs & règlement de compte ?
Affaire de mœurs & règlement de compte ? © Getty

Dr Freud et Mr Hyde / Épisode n°2 : Encore un coup des bordelais ! (Affaire Gérard Paysais)

Diffusion du mardi 11 février 2020 Durée : 2min

Il y a 35 ans, à l’hiver 1985, l’actualité régionale ouvrait ses gros titres sur ce qui allait devenir l’une des plus retentissantes affaires criminelles de la décennie, en région Aquitaine. Au nord du département des Landes, un triple assassinat est commis par une froide nuit d’hiver...

Au village de Belhade, les langues ne tardent pas à se délier. Les habitants racontent aux enquêteurs que le propriétaire de l’airial, Jean-Claude Bonnehon, s’était installé ici depuis un peu plus d’un an. Sur ce vaste domaine de 500 hectares, il avait créé un club de chasse où de riches bordelais venaient se détendre le week-end en tirant la caille. D’autres rumeurs, bien moins glorieuses, remontent à la surface. Certains villageois confient, sous le manteau, qu’un maquereau bordelais lorgnait sur le relais de chasse afin d’y monter…un bordel ! Le dimanche, de jolies jeunes femmes venaient, paraît-il, « préparer les repas et les… chambres ». Au milieu des décombres calcinés, les enquêteurs découvrent trois caravanes à l’intérieur desquelles de nombreuses revues et cassettes pornographiques ne laissent guère de doute. « Encore un coup des bordelais » entend on ça et là. L’enquête passe alors aux mains de la PJ de Bordeaux.

Les flics de la grande maison ne tardent pas à mettre leurs indicateurs au boulot...

Les limiers de la police secouent leurs indics habituels sur les quais de la Garonne. Il se murmure qu’un proxénète notoire, un certain Jean-Jacques Horvath, installait le week-end, à Belhade, des filles censées divertir des loulous bien connus dans le monde de la nuit. Une habitude qui déplaisait de plus en plus au maître du relais de chasse. Au point que Bonnehon se serait fâché en menaçant de mettre tout ce beau monde dehors ! Horvath aurait-il commandité le triple assassinat en recrutant des hommes de main ? C’est la thèse des enquêteurs qui interpellent cinq suspects au saut du lit, le 28 mai 1986. Le jeune juge d’instruction, Christian Vennetier, les inculpe d’assassinats et les envoie, aussitôt, sous les verrous. Les cinq suspects peinent à se balancer les uns les autres. Le juge est pourtant convaincu de tenir la bonne piste. Reste à le démontrer. Trouver le mobile du crime sert aussi à désigner ses auteurs...