Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Faux expert mais véritable escroc...
Faux expert mais véritable escroc... © Getty

Dr Freud et Mr Hyde / Épisode n°5 : Tout Faux ! (Affaire Gérard Paysais)

Diffusion du vendredi 14 février 2020 Durée : 2min

Il y a 30 ans, les magistrats de la Cour d’Appel de Pau étaient confrontés à un épineux casse-tête : ils découvraient qu’un escroc sévissait, dans le grand sud, en se présentant faussement comme « Expert en Psychanalyse »...

En Dordogne, l’ex Professeur Paysais d’Espagnac est suspecté d’avoir grugé des notables en délicatesse avec le fisc. Cette fois, l’expert « psychanalyste » s’est présenté sous la casquette de « conseiller juridique ». Moyennant d’importantes sommes d’argent, l’homme de loi a promis à un notaire véreux d’effacer son ardoise en usant de ses relations influentes. Son carnet d’adresse semble alléchant : Paysais se présente comme le beau-frère de l’ex Garde des Sceaux, Pierre Arpaillange, et un ami intime du célèbre Robert Badinter. Cette belle fable finit par remonter aux oreilles du procureur de Perigueux qui lance une enquête judiciaire et démasque l’escroc. Tout était faux chez Philippe Paysais d’Espagnac, à commencer par son nom ! L’homme se nomme en réalité Gérard Paysais. Né en Charente, à l'Isle-d'Espagnac, il a jugé plus élégant de s’affubler d’un nom à particule. Comment ? En accolant sa ville d’origine !

Des titres d’expert en psychanalyse tout aussi farfelus ?...

Son titre de professeur en psychanalyse sonne tout aussi faux que sa ronflante carte de visite. Et pour cause. Paysais n’a jamais fait la moindre étude dans ce registre. En revanche, son casier judiciaire copieusement garni a de cinglants accents de vérité. Le charlatan a donc grugé les juges en s’autoproclamant expert judiciaire puis en examinant des criminels derrière les barreaux. Quid alors de l’affaire de Belhade ? Les avocats des condamnés sautent aussitôt sur l’occasion : si l’expert psychanalyste était un escroc, ne faut-il pas rejuger l’affaire ? Décembre 1991, la Cour de Cassation annule le verdict de la Cour d’Assises des Landes. Motif : le faux expert n’aurait jamais dû être désigné. Février 1993, on refait le procès de la tuerie de Belhade. Cette fois, Paysais est absent. Mais, le verdict est quasiment le même. En 2000, Paysais refait parler de lui. Se disant curé, il a subtilisé l’argent de ses fidèles ! Décidément…