Replay du vendredi 19 juin 2020

Erreur sur la Personne / Épisode n°5 : Mains propres (Affaire Marey)

En décembre 1983 à Hendaye, un père de famille est enlevé à son domicile par un commando. Il est libéré dix jours plus tard. Son enlèvement serait une bavure. Les policiers interpellent deux malfrats. Quatre ans plus tard, aux assises, le grand déballage commence…

La prison de Bayonne en 1984
La prison de Bayonne en 1984 © Getty - Patrick Aventurier

Qui composait le commando à pied d’œuvre dimanche 4 décembre 83, à Hendaye ? Selon la PJ, il y avait deux ex-légionnaires biarrots, Talbi et Echalier. Mais il manque des noms à l’appel. Les deux molosses balancent. L’homme qui a sonné à la porte de Marey, c’est un « policier de la sûreté paloise » ! Son nom ? Silence. Les deux autres seraient des « hauts-gradés de la Guardia Civil ». Mensonge ou vérité ? Une chose est certaine : la police française semble gênée aux entournures. La veille de l’enlèvement de Segundo Marey, les deux molosses étaient en garde à vue au commissariat de Biarritz après un tapage nocturne dans un bar de la cité. Ils ont confié à deux policiers que des actions d’éclat et l’enlèvement d’un trésorier de l’ETA se préparaient. Étonnamment, les deux enquêteurs savaient et n’ont rien fait. Même pas un procès-verbal ! Curieux. En 1987, les deux accusés du rapt d’Hendaye s’assoient dans le box de la cour d’assises, à Pau.

L’épilogue de cette affaire hors norme est imminent…

On juge deux bras cassés devenus ravisseurs le temps d’un soir. Leur seule motivation, c’était l’argent. Point de convictions politiques chez ces deux là. Se prenaient-ils pour des agents secrets ? « Possible » selon leurs avocats qui appellent à l’indulgence de la cour. Verdict : douze ans de prison pour Talbi, huit ans de prison pour Echalier. Les magistrats palois n’oublient pas qu’ils jugent deux losers tandis que les cerveaux se planquent impunément en Espagne. Impunité ? Provisoirement. Quinze ans plus tard, en 1998, l’histoire fait volte-face : l’ex-ministre espagnol de l’Intérieur, José Barrionuevo, comparait devant le Tribunal Suprême, avec neuf autres responsables de la police de l’époque. Pour avoir fomenté et permis l’enlèvement de Segundo Marey, à Hendaye, le ministre déchu écope de dix ans de prison. Un fait sans précédent dans l’Histoire Espagnole. Marey, victime par erreur, livre pour seule réaction : « Justice est faite » !

Mots clés: