Affaires classées racontées par Thierry Sagardoytho

Les juges vont délibérer sur le sort du jeune meurtrier...
Les juges vont délibérer sur le sort du jeune meurtrier... © Getty

Jo le Taxi / Épisode n°5 : 20 minutes (Affaire Jacques Marnières)

Diffusion du vendredi 13 mars 2020 Durée : 2min

Août 1952, un artisan taxi tarbais disparaît soudainement. Après une traque de trente longues heures, entre Bigorre et Côte Basque, les policiers retrouvent son véhicule entre les mains d’un jeune homme interpellé à Mérignac. Quinze mois plus tard, son procès s’ouvre à Pau...

Novembre 1953, le procès de Jacques Marnières s’ouvre au palais de justice de Pau. Face à ses juges, l’accusé répète inlassablement le même récit : « Je me nomme Jacques Marnières, j’ai 21 ans. Je ne voulais pas tuer M. Dupouy ». Le Président Pons fronce les sourcils, rappelant au passage sa minutieuse préparation du crime, dix heures durant. L’accusé persiste : « J’avais l’idée de partir sur la côte basque. L’idée m’est venue de dérober une voiture. Rien de plus ».  Inutile d’insister. Une fois sa victime étranglée, Marnières lui a fait les poches, lui dérobant 9.000 francs planqués dans son portefeuille. Pour retarder le début des recherches, il a téléphoné à l’épouse de l’artisan en se faisant passer pour un médecin de l’hôpital de Bayonne : « N’attendez pas votre époux ce soir. Il a fait un léger malaise. Tout va bien… ». La parole est à l’expert psychiatre. Il lui revient de dresser le portrait de cet accusé plutôt atypique.

Quel portrait le psychiatre dresse-t-il de ce jeune meurtrier ?

Selon le docteur Mouchette, Jacques Marnières est « un débile mental léger, un instable, un émotif dont la responsabilité est moyennement atténuée ». Son rêve de conduire une belle bagnole serait devenu si obsessionnel qu’il se serait libéré de cette angoisse par une violence meurtrière… Effrayant. A la barre, plusieurs témoins affirment sous serment leur stupéfaction. A Bagnères, Marnières passait pour un jeune homme taciturne, timide, voire sournois. Certes, le jeune électricien conduisait parfois le véhicule de son père en cachette. Certes, il dévorait des livres consacrés à l’automobile voire des romans policiers… mais rien ne laissait deviner qu’il deviendrait un assassin. Contre ce démon au visage d’ange, l’avocat général Destouet réclame la prison à vie. Ses avocats plaident l’indulgence. Le délibéré sera bref : vingt minutes à l’issue desquelles la Cour rend son verdict. Marnières purgera vingt ans de prison...

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