Replay du mercredi 26 mai 2021

L’affaire Alexandre Junca : l’enquête, épisode n°3, le pire est incertain

L’adolescent palois Alexandre Junca,14 ans disparaît subitement une nuit de week-end, alors qu’il rentrait d’une fête chez des amis dans le quartier de Saragosse. Rongés par l’angoisse, ses proches lancent un appel à témoin. Que donne l’enquête au palais de Justice de Pau ?

Affaire Alexandre Junca : des ossements retrouvés dans le Gave de Pau
Affaire Alexandre Junca : des ossements retrouvés dans le Gave de Pau © Radio France - Daniel Corsand

Six jours après la disparition d’Alexandre Junca, la justice passe à la vitesse supérieure. Redoutant un enlèvement suivi d’une séquestration, le procureur Jean-Christophe Muller confie l’affaire à une juge d’instruction qui enquêtera dorénavant avec l’aide des puissants moyens de la police judiciaire de Bordeaux. Au fil des jours, l’angoisse monte d’un cran. On fouille partout, des caves et du skate-park du quartier Saragosse aux abords du bois et du gave. On explore même les 96 bouches d’égout séparant la cité populaire et le centre-ville. Sans résultat. Les auditions des proches d’Alexandre ferment aussitôt une piste : il n’était ni fugueur, ni suicidaire. Chaque jour, chaque nuit, une trentaine de policiers bossent sans relâche sur l’affaire. Dans la population, chacun y va de son commentaire. « Si Alexandre a été enlevé, pourquoi aucune demande de rançon n’a été transmise à la famille ? ». A Pau, chacun redoute le pire. Mais le pire est incertain.

Et pourtant, le pire finit par se produire vingt jours plus tard…

Dimanche 26 juin 2011, il est 14h. Jacques et Muriel, deux SDF installés sur les bords du gave de Pau, font une curieuse découverte. Entre le pont d’Espagne et celui du XIV juillet, il y a comme un morceau de chair échoué dans le cours d’eau. La police est aussitôt alertée. A leur arrivée, les enquêteurs doivent se résoudre à l’évidence. C’est un reste humain ! On appelle le médecin légiste. Il est formel : c’est la tête d’un fémur et l’articulation d’un genou. Y aurait-il un lien avec l’enquête sur la disparition d’Alexandre, ou bien s’agit-il d’un noyé ? Les enquêteurs prélèvent l’ADN et s’empressent de le comparer au profil génétique de l’ado. Quatre jours plus tard, l’expertise tombe : le membre découvert dans le gave est celui d’Alexandre. Mais surtout. Le fémur a été découpé post-mortem ! Le jour même, Valérie et Philippe entrent dans le cabinet du juge Lucile Pichenot qui leur apprend l’horrible nouvelle. Il n’y a dorénavant plus aucun espoir.

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