Replay du jeudi 27 mai 2021

L’affaire Alexandre Junca : l’enquête, épisode n°4, peur sur la ville

Alexandre Junca, jeune palois, disparaît soudainement à quelques mètres du domicile de son père. L’enquête bascule vingt jours plus tard lorsque par hasard, un morceau démembré de son corps est découvert flottant sur le Gave de Pau. C’est un tournant majeur de l’enquête.

La police scientifique est à la recherche d'autres indices
La police scientifique est à la recherche d'autres indices © Getty - LEREXIS

Dès cet instant, l’affaire bascule. L’enquête porte dorénavant sur un assassinat précédé ou suivi d’actes de tortures et de barbarie. Un crime passible de la prison à perpétuité. Une immense émotion populaire submerge la ville de Pau en état de choc. « Qui a fait ça ? » lit-on sur toutes les lèvres. De nombreuses mains anonymes viennent déposer un mot de soutien ou un bouquet de fleurs, là même où le vélo d’Alexandre a été découvert. Un petit périmètre qui se transforme en un mausolée où beaucoup viennent se recueillir, à la mémoire d’Alexandre Junca. Compassion encore lorsqu’une gigantesque marche blanche traverse la ville, réunissant plusieurs milliers de personnes. L’été 2011 prend ses quartiers, mais peu de palois ont le cœur à la fête. Chacun se souvient. Un gamin raconte avoir joué au foot avec Alexandre, sous le maillot du FC Espagnol, de 2005 à 2009. Un autre relate, la larme à l’œil, ses souvenirs de classe avec le jeune disparu.

Le drame des parents d’Alexandre finit par imprégner tous les esprits.

A Pau, l’affaire Alexandre devient l’affaire de chacun. Les habitants s’approprient ce fait divers. Dans les familles, les parents appellent leurs enfants à la plus extrême vigilance tandis que rumeurs et suspicions vont bon train… A la PJ, on bosse d’arrache-pied. Les auditions et les perquisitions s’enchainent à une cadence infernale. Sur le terrain, les moyens déployés sont hors norme. Fait exceptionnel : l’enquête est dorénavant entre les mains de la Direction Centrale de la PJ à Paris. Aux limiers palois et bayonnais s’ajoutent, si besoin, leurs collègues de l’Office Central des violences aux personnes (OCRVP). Rien n’est négligé. On met l’informatique et la police scientifique à contribution comme jamais. Au cas où, les enquêteurs fouillent les chambres froides des Halles de Pau. Sans résultat. Lentement, la peur s’installe dans les esprits. Qui a fait ça ? Et surtout, qui peut jurer que l’assassin d’Alexandre ne rôde pas dans les rues de Pau ?

l'affaire Alexandre Junca