Replay du jeudi 18 février 2021

L'affaire Alexis Hou : lui ou moi, épisode n°4 Retour à la ferme

Direction Mourenx pour revenir sur ce drame survenu dans la soirée du 13 juin 1959. Un agriculteur surprend un inconnu qui pénètre par surprise dans sa modeste ferme. Le fermier abat l’intrus et se rend à la Gendarmerie. Autant dire que l’affaire va vite faire la Une des journaux !

Cette affaire fait la Une des journaux !
Cette affaire fait la Une des journaux ! © Getty - Nodar Chernishev / EyeEm

Le surlendemain du drame, le crime de Mourenx fait la Une des journaux. D’Hendaye à Tarbes, chacun découvre ce fait-divers où un agriculteur sans histoire est suspecté d’avoir tué un inconnu qui s’est introduit en pleine nuit dans sa ferme ! Certains journaux titrent même sur le « drame éclaboussant de sang la première page du livre d’histoire de la Cité Nouvelle de Mourenx », alors en pleine construction. Après deux jours passés en garde à vue, Alexis Hou est conduit au Palais de Justice de Pau où le Juge d’instruction, M. Lassalle-Laplace, l’inculpe pour meurtre. Alexis se décompose lorsque ces « messieurs de la Justice » lui expliquent qu’il risque en théorie… la prison à vie. « Je n’ai rien fait de mal » lance-t-il au magistrat, « j’ai juste cherché à me défendre et à protéger mon vieux père. Qui sait ce qu’il se serait passé sinon ? ». Son avocate, l’une des rares femmes à porter la robe noire à l’époque au Barreau de Pau, le rassure.

Que demande l’avocate du suspect au magistrat en charge du dossier ?

Me Gisèle Bidart demande au Juge d’instruction de mettre son client immédiatement en liberté car, selon l’avocate, il a agi en état de légitime défense. Message reçu. Le soir même, Alexis Hou sort libre du Palais de Justice. Un fait rarissime dans une affaire de sang. Ce lundi 15 juin 1959, le fermier rejoint son père et sa ferme. Les voisins l’accueillent en héros, lui qui n’a fait que se défendre contre cet homme surgi de nulle part. La victime, que sait-on d’elle ? D’après ses papiers d’identité, le défunt se nommait Isidore Praola. Âgé de 50 ans, cet espagnol originaire de Bilbao était employé en qualité de manœuvre dans une entreprise de Mourenx. Selon les premiers renseignements, il vivait sans domicile fixe. Certes, Isidore avait une forte inclination pour l’alcool mais il n’était pas défavorablement connu. Reste une question : que venait-il donc faire ce soir de juin dans une ferme à l’écart de tout ? Alexis est certain de tenir une explication.

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