Replay du vendredi 23 avril 2021

L’affaire des époux de Caussade, Elliott and Clyde - Épisode n°5 / Nuit Noire

Qui a tué le roi gersois de l’armagnac, une nuit d’avril 1945, entre Hendaye et la frontière ? Craignant d’être arrêtés pour avoir collaboré avec les allemands durant la Guerre, le marquis de Caussade et son épouse tentent de se réfugier en Espagne aidés de deux passeurs. Que s’est-il passé ?

Les époux ont été retrouvés dans un ravin !
Les époux ont été retrouvés dans un ravin ! © Getty - Andrew Merry

Il fait nuit sur la montagne basque. La lune éclaire la caravane de quatre personnes qui avance, de façon chaotique, sur ce sentier rocheux menant en Espagne. L’ambiance semble bon enfant. Confiants, le marquis et son épouse plaisantent avec leurs guides. Voilà déjà cinq heures que le quatuor marche en colonne. Ils ne s’aperçoivent même pas que le principal guide les égare en passant et repassant au même endroit, dos à cette frontière qu’ils espéraient atteindre. Seul Aizpurua sait ce qu’il leur prépare : les exténuer afin de les supprimer. « On approche. Encore 500 mètres », lance-t-il. Il est 4h du matin. Épuisée, la marquise de Caussade tombe au sol. Son mari aussi. Aizpurua s’avance, faisant mine de leur servir à boire. Soudain, le passeur brandit son gourdin et frappe la tête des deux victimes. L’assassin est dans une colère folle. Aidé de son comparse, il détrousse les poches de ses deux proies avant de les jeter dans le ravin…

Grâce au témoignage du passeur, les Gendarmes tiennent enfin la vérité du drame…

Dix heures de garde à vue ont suffi pour que Francisco Elizondo se délivre d’un secret qu’il a gardé enfoui durant quatre ans. Le voilà inculpé du crime d’assassinat et écroué à la villa Chagrin. Question : quand les deux passeurs ont-ils eu l’idée de monter ce traquenard ? Selon l’ex-contrebandier, Aizpurua s’est frotté les mains dès leur rencontre : « ce sont des millionnaires, il y a un coup à faire ». Reste que l’assassin présumé se planque en Espagne. 21 Novembre 1950, Elizondo comparaît seul devant la cour d’assises, à Pau. Il a certes assisté au double assassinat mais il n’a pas de sang sur les mains. Pour avoir détroussé les deux victimes, l’habitant d’Urrugne écope de 10 années de réclusion. L’assassin, en revanche, est condamné à mort. Une peine sur le papier, car nul ne l’a revu en France. Du marquis de Caussade, l’ex roi gersois de l’armagnac, il subsiste sur le marché plusieurs cuvées millésimées. Prestige oblige.