Replay du mercredi 31 mars 2021

L’affaire des feux de discothèques : série noire, épisode n°3 les grandes oreilles

Au printemps 2011, la discothèque le Palacio, située à Sauvagnon dans le Béarn, est ravagée par un incendie criminel. Les gendarmes écartent bien vite la piste d’une escroquerie à l’assurance. Quelle piste s’offre alors aux enquêteurs ?

La police a intercepté une conversation secrète
La police a intercepté une conversation secrète © Getty - Catherine Falls Commercial

Faute d’indices, les gendarmes reprennent les vieilles ficelles de l’enquête traditionnelle. Ils s’assurent tout d’abord qu’aucune menace ou autre chantage n’avait ciblé la boîte de nuit partie en fumée. La main sur le cœur, ses deux gérants jurent que non ! Les enquêteurs examinent alors qui sont les concurrents des deux commerçants. Il y a bien trois autres boîtes de nuit sur la place : les enquêteurs commencent par s’intéresser au Durango à Pau, ainsi qu’à la Noche à Lons. De prime abord, leurs gérants respectifs ne sont pas défavorablement connus de la justice. Reste à vérifier le troisième concurrent baptisé Le Duplex, sur la commune voisine de Serres-Castet. Là, surprise ! Son gérant est une vieille connaissance de la Gendarmerie. Et d’insistantes rumeurs circulent depuis plusieurs mois. Elles désignent ce quadragénaire palois comme LE possible commanditaire de l’inquiétante série noire qui frappe les boîtes de nuit.

En clair, une piste sérieuse commence à se dessiner au palais de justice palois

Pour le procureur palois, Jean-Christophe Muller, il est grand temps que cela cesse ! Le chef du parquet confie donc le dossier à un juge d’instruction. Comme la loi l’y autorise, le magistrat commence par placer le concurrent et ses proches sur écoutes téléphoniques. Rien n’échappe dorénavant aux grandes oreilles qui scrutent discrètement chacune de ses conversations. Deux mois plus tard, la persévérance des enquêteurs finit par payer. L’un des correspondants rapporte une bien curieuse confidence. Il s’est entretenu avec le gérant de la boîte de nuit Le Duplex et ce dernier aurait glissé à son frère : « Ne me refais pas le coup d’Hossegor ! ». De quoi parle-t-il ? Les gendarmes vérifient. En mai 2008, ce trentenaire gérait une seconde boite de nuit sur la côte Landaise. Et bizarrement, à Hossegor, une discothèque concurrente avait aussi failli être la proie des flammes. Tiens donc ! Les gendarmes pensent enfin tenir la bonne piste. Sauf que…

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