Replay du vendredi 5 mars 2021

L'affaire Désiré Landru : Désiré, épisode n°5 la tête de Don Juan

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En 1921, la France se passionne pour l’affaire Henri-Désiré Landru. Les magistrats suspectent ce quinquagénaire d’avoir assassiné onze femmes parmi lesquelles une dame originaire d’Oloron. La malheureuse a disparu en juin 1915. Comment les policiers ont-ils suspecté Landru d'être son assassin ?

La sentence est tombée pour Landru
La sentence est tombée pour Landru © Getty - Godong / Contributeur

En épluchant l’un des calepins, les enquêteurs observent une curieuse éphéméride. Landru relate de sa main plusieurs visites qu’il aurait rendues, en mai et juin 1915, à une dame surnommée Brésil. Son adresse : 95 rue de Patay, dans le 13ème, à Paris. Les policiers épluchent le fichier des personnes disparues… Bonne pioche : le 95 rue de Patay, c’est là qu’habitait Thérèse Laborde. Et juin 1915, c’est la date présumée de sa disparition. Les policiers interrogent la concierge. Elle reconnaît sans hésiter le petit homme barbu qui affirmait se nommer Monsieur Cuchet. Autre témoignage, celui du garde-meuble de la rue Mouffetard. Là même où l’amant enflammé avait fait entreposer les meubles de la disparue, avant de les vendre. Lui aussi identifie formellement Landru. Enfin, une voisine du suspect, dans les Yvelines, reconnaît la dame béarnaise : « je l’ai vue arroser les fleurs, mais trois jours, pas plus ».

Les policiers sont convaincus de tenir l’assassin de la jeune veuve oloronaise.

Les policiers ont maintenant la preuve que Thérèse Laborde est la onzième victime d’Henri-Désiré Landru. Un tueur en série qui recrutait ses futures proies grâce aux petites annonces. Chaque fois qu’il approchait une dame, Landru l’interrogeait sur ses goûts, sa fortune, ses relations avec ses proches. Autant dire qu’une femme aisée, vivant seule et sans enfant, risquait gros. Pour les autres, il se contentait de les honorer… Lors de son procès, Landru avoue ses piteuses escroqueries au mariage. Mais il nie être un assassin. A l’écouter, ces malheureuses sont parties faire leur vie à l’étranger. Malgré d’intenses recherches, les policiers n’ont découvert aucun corps. Certes, sa villa recelait bien des fragments d’os, de linge et de sang. Mais qui peut affirmer que ces trois crânes, cinq pieds et six mains sont ceux de ses victimes ? La cour le reconnaît coupable. Landru, l’amant aux 283 conquêtes, est condamné à mort. Il sera guillotiné.

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