Replay du vendredi 26 mars 2021

L’affaire du Commissaire Joël Cathala : épisode n° 5 sur mon honneur

Il y a 25 ans, trois commissaires de police en poste à Bayonne sont accusés par plusieurs journaux d’avoir empoché des pots de vins moyennant des informations qui auraient permis l’assassinat de réfugiés basques. Les fonctionnaires déposent plainte en diffamation. Que dit la Justice de tout ça ?

La décision des juges est très attendue
La décision des juges est très attendue © Getty - Atit Phetmuangtong / EyeEm

Mardi 27 mars 1996. Le couperet tombe : les juges bayonnais condamnent deux militants nationalistes Basques, dont Jakes Abeberry, ainsi que l’hebdomadaire ENBATA, à de lourdes amendes et à des dommages intérêts pour avoir accusé de corruption les trois commissaires en poste à Bayonne durant la sale guerre des années 80. Selon le tribunal, le journal basque s’est borné à recopier les affirmations du journal madrilène El Mundo, sans même tenter de les vérifier. Six mois plus tard, c’est au tour de ce même quotidien de passer au tourniquet du tribunal correctionnel de Paris. Une fois de plus, le commissaire Joël Cathala entend laver son honneur. Face à son accusateur, l’ex-flic espagnol Angel Lopez-Carillo, l’ancien patron de la PAF se défend bec et ongles. Contre ce repenti qui affirme lui avoir apporté plusieurs enveloppes d’argent en cash à son bureau d’Hendaye, Cathala rétorque qu’il ne l’a jamais vu !

L’ex-patron de la police aux frontières cite des témoins en sa faveur

Plusieurs flics ayant œuvré dans le département à l’époque contestent, sous serment, avoir collaboré avec la police espagnole. Un bémol tout de même. L’ancien juge d’instruction bayonnais, Christophe Seys, affirme qu’il a pourtant nourri de sérieux doutes en son temps : « lorsque les noms de policiers français sont apparus durant ses enquêtes sur les commandos du GAL », on lui aurait signifié en haut lieu « que mieux valait ne pas fouiller plus loin » … Pour la justice, un soupçon ne fait jamais une preuve. Comme à Bayonne, sept mois plus tôt, les accusations de l’ex-policier espagnol ne reposent sur aucune preuve. C’est parole de l’un contre parole de l’autre. Aux yeux du tribunal parisien, Cathala est un flic hors pair qui a obtenu d’excellents résultats. Le 8 novembre 96, le quotidien El Mundo est lourdement condamné pour avoir diffamé le commissaire bayonnais Cathala. Aux yeux des Juges, l’honneur est sauf.