Replay du mercredi 24 mars 2021

L’affaire du Commissaire Joël Cathala : l’honneur est sauf, épisode 3 tache d’huile.

Il y a 25 ans, El Mundo jetait un pavé dans la mare en accusant l’ancien patron de la police aux frontières et de la lutte antiterroriste dans notre département d’avoir été corrompu par la police espagnole ! A Bayonne, plusieurs organes de presse proches de la cause basque se régalent de l’occasion.

La presse tient en haleine ses lecteurs avec ce scandale
La presse tient en haleine ses lecteurs avec ce scandale © Getty - EThamPhoto

A Bayonne, les sulfureuses révélations du journal madrilène El Mundo tombent à point. Voilà plusieurs semaines que des soupçons de corruption agitaient les esprits de ce côté-ci de la Bidassoa. Au printemps 1995, en pleine campagne présidentielle, le quotidien espagnol accusait déjà un inspecteur de police en fonction à la PAF d’Hendaye d’être un ripou. Selon le témoignage d’un enquêteur espagnol, ce fonctionnaire français aurait touché des pots de vin de la Guardia Civil moyennant des informations permettant l’enlèvement de plusieurs chefs de l’ETA. Des disparus dont on n’a plus jamais retrouvé la trace... A l’été 1995, la campagne de presse reprend de plus belle, dénonçant cette fois « trois policiers français » d’avoir fait la même chose ! Ce 11 septembre, c’est au tour de Joël Cathala, l’ancien patron de la PAF. Trois jours plus tard, l’hebdomadaire basque Enbata reprend à son tour les accusations du quotidien El Mundo.

De quelle manière ?

Accusant l’ex-commissaire d’avoir « émargé sur les fonds secrets de Madrid », Enbata affiche son portait en tenue de cérémonie avec ce commentaire : « l’ordure galeuse » ! Et pour faire bonne mesure, Enbata cible aussi deux autres commissaires en poste à Bayonne : Michel Helie, le patron du commissariat de la ville, et Alain Etcheto, le chef des renseignements généraux sur la côte basque. Tous sont accusés d’avoir empoché de « grosses sommes d’argent » moyennant la fourniture d’informations sur les réfugiés basques installés en France. Herriaren Halde, un groupe politique sympathisant, en rajoute en éditant une affiche brocardant le commissaire Cathala comme un vulgaire ripou ! « Mensonges, diffamations » protestent en chœur les trois hauts fonctionnaires qui annoncent sans attendre la couleur : ils vont tordre le cou à ces rumeurs infâmes et poursuivre les auteurs de la campagne de presse.