Replay du jeudi 25 mars 2021

L’affaire du Commissaire Joël Cathala : l’honneur est sauf, épisode 4 rendez-vous au palais

Février 1996 : trois commissaires de police en poste à Bayonne sont accusés d’avoir empoché des pots de vins moyennant des informations permettant l’assassinat de réfugiés basques. « Faux, Archi faux » rétorquent les trois policiers qui attaquent leurs accusateurs en diffamation. Le procès débute !

Le procès débute à Bayonne
Le procès débute à Bayonne © Getty - Alain VOLOCH / Contributeur

Résolus à laver leur honneur sali, les trois commissaires donnent rendez-vous à leurs accusateurs devant le tribunal correctionnel de Bayonne. Jeudi 22 février 1996, le quartier du palais de justice est totalement bouclé à la circulation. Comme à chaque fois, les procès liés au terrorisme basque se déroulent sous très haute surveillance avec des CRS postés partout et de nombreuses barrières de sécurités. L’école des Arènes, en face, est exceptionnellement fermée. Redoutant d’éventuels incidents, le préfet palois accorde une journée de repos aux élèves de l’établissement. Au tribunal, ce sont trois hauts fonctionnaires de police, en poste à Bayonne dans les années 80, qui s’assoient au banc des victimes. Ulcérés d’avoir été traités de ripoux puis de complices lors des assassinats imputés au GAL, ils réclament l’équivalent de 76.000€ chacun en réparation du préjudice moral subi par suite de cette odieuse opération de calomnies…

Ce procès est historique car c’est la première fois que la Justice examine une telle question 

Pour la première fois, un tribunal se penche sur le rôle de la police française dans la lutte contre les activistes de l’ETA. Ses chefs ont-ils collaboré en sous-main avec les sanglants commandos du GAL lorsque ces derniers ont exécuté pas moins de 27 personnes sur le sol de notre département, de 1983 à 1987 ? « Impensable » selon le commissaire Cathala qui s’avance à la barre : « sur mon honneur, j’affirme que mon service a arrêté 254 membres de l’ETA sur la même période. Aurais-je été assez bête pour les arrêter alors que je pouvais les vendre et devenir milliardaire » ? Et le commissaire conclut : s’il avait été un ripou, les assassins du GAL ne se seraient pas trompés de cible, comme ils l’ont fait, parfois, en supprimant des innocents. Ses deux collègues affirment la même chose : que ce soit le GAL, ETA ou IPARRETARAK, leur devoir est d’arrêter les assassins, sans faire le tri ! Le tribunal bayonnais met son jugement en délibéré.