Replay du jeudi 10 juin 2021

L’affaire du curé de Matalas : vent de révolte, épisode n°4 accusé, levez-vous !

Il y a 360 ans, les paysans et bergers de Soule se révoltent contre le poids des taxes et impôts que prélève le Vicomte M. de Treville. A la tête de cette insurrection, il y a le curé de Matalas. Mais le nouvel homme fort en Soule est arrêté et emprisonné le 13 octobre par les Mousquetaires du Roi.

Exécution à la hache du curé de Matalas
Exécution à la hache du curé de Matalas © Getty - Nastasic

Dans l’entourage du Roi, les proches conseillers de Louis XIV s’inquiètent. Il devient urgent, à leurs yeux, de ramener le calme dans cette province de Soule où de nombreuses révoltes populaires éclatent régulièrement à l’annonce de nouveaux impôts. L’idée germe de faire de Matalas un exemple. Ordre est donné au Président du Parlement de Bordeaux de juger et, si possible, condamner cet insurgé sans tarder. Bernard de Goyheneche est emprisonné séance tenante au Château de Mauléon où il sera torturé. Aux juges qui l’interrogent, le brave Curé confesse qu’il a soulevé les paysans Souletins afin de les « délivrer de ces harpies de Mauléon et de la noblesse ». Mais, quoiqu’il dise, le sort de Matalas est malheureusement scellé. Aux yeux des Juges, le curé de Moncayolle est coupable d’avoir semé le désordre en discréditant l’autorité et en incitant les villageois à se munir d’armes à feu. Il va le payer cher !

L’heure du verdict a maintenant sonné

Le verdict des magistrats bordelais tombe : le brave curé est condamné à la peine capitale tandis que ses comparses partiront aux galères. Pour l’exemple, Matalas sera écartelé sur la place publique. Un supplice particulièrement cruel réservé, à l’époque, à celles et ceux qui attentent à la vie du Roi, comme Ravaillac. Selon la tradition, le bourreau devra dénuder le malheureux, puis attacher ses bras et ses jambes à quatre chevaux de trait, histoire de briser chacun de ses membres. Ensuite, le bourreau assènera l’ultime coup de grâce. « Impensable d’infliger pareils sévices à un homme d’église » aux yeux de l’Évêque d’Oloron qui intercède aussitôt auprès des autorités. Requête entendue. Le condamné Bernard de Goyheneche échappera donc à la peine de l’écartèlement. Mais il sera… décapité à la hache. Ce 8 novembre 1661, l’heure de l’exécution a sonné. Une impressionnante foule entoure la place centrale de Mauléon-Licharre.

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