Replay du mardi 29 septembre 2020

L’affaire du Monbar : les deux mercenaires, épisode n°2, Scène de guerre

Il y a 35 ans 4 hommes étaient assassinés, un soir de septembre 1985, par des tueurs à gage en plein Petit Bayonne. Le drame se produit rue Pannecau, alors qu’une foule de clients se pressait à l’intérieur d’un minuscule café, un soir de match télévisé.

La patrouille de police arrive rue Pannecau à Bayonne 20 minutes après la fusillade dans la salle de l'hôtel Monbar.
La patrouille de police arrive rue Pannecau à Bayonne 20 minutes après la fusillade dans la salle de l'hôtel Monbar. © Maxppp - Vincent Pereira

A l’intérieur du Monbar, ça crie, ça hurle de tous les côtés. Le patron décroche son téléphone et compose le 17. Le policier peine à comprendre ce qui se passe. Sur le trottoir, des passants tentent de porter secours aux quatre victimes. Il n’y a malheureusement plus grand-chose à faire. Quelques rues plus loin, quatre solides garçons tentent de rattraper les fuyards. Parmi eux, il y a Jean-Noël Etcheverry dit Txetx. Le jeune homme prenait un verre au café l’Alex Bar lorsqu’il a entendu « comme des pétards ». Jetant un œil dehors, il a tout vu de cette exécution en règle où l’un des assassins a achevé sa victime sur le trottoir. D’un trait, Txetx et ses potes entament la filature des deux fuyards qui prennent la direction de la Nive et, sans doute ensuite, de la gare. Arrivés à l’entrée du pont Saint Esprit, ils tentent le tout pour le tout en immobilisent les deux tueurs manu militari. La scène est violente. Par hasard, une patrouille de police arrive sur place.

Les deux gardiens de la paix ne semblent même pas au courant de l’attentat qui vient de se produire au Monbar. Ils embarquent, malgré tout, les deux suspects qui finissent au commissariat plus vite qu’ils ne l’avaient prévu. Sur les lieux de la fusillade, la presse vient d’arriver. Plusieurs témoins se lamentent : « Que fait la Police ? ».  Au bout de 20 minutes, une première patrouille arrive suivie du SAMU. Trop tard. José, Ignacio, Auguste, et Xabi, quatre jeunes réfugiés politiques, sont déjà morts. Les badauds se bousculent. Arrivent alors les enquêteurs de la PJ, suivis du procureur. Ce qu’ils découvrent ressemble à une véritable scène de guerre. Une scène qui restera gravée dans leurs mémoires. Pour les limiers de la PJ, il n’y a aucun doute. C’est du boulot de professionnels ! Pour la seconde fois en six mois, le quartier Saint André est frappé au cœur. Le GAL vient de signer l’un des pires attentats de son histoire

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