Replay du mercredi 30 septembre 2020

L’affaire du Monbar : les deux mercenaires, épisode n°3, signé le GAL

En septembre 1985, quatre hommes sont assassinés par des tueurs à gage en plein cœur du Petit Bayonne. Le drame crée un véritable choc dans le département. La Police ne tarde pas à interpeller deux suspects.

Les tueurs présumés ont jetés leurs deux armes de 9mm dans l 'Adour - Photo d'illustration
Les tueurs présumés ont jetés leurs deux armes de 9mm dans l 'Adour - Photo d'illustration © Maxppp - Guillaume Bonnefont

A l’Hôtel de Police, les deux suspects sont aussitôt placés en garde à vue pour le quadruple assassinat de l’Hôtel Monbar. Le premier se nomme Pierre Frugoli, 24 ans. Le second, Lucien Mattei, 41 ans. En examinant le fichier, les enquêteurs devinent qu’ils ont affaire à deux tueurs à gage issus du milieu marseillais. Des mercenaires venus honorer un énième contrat passé avec les, tristement célèbres, commandos du GAL. 

Depuis 1983, le Gouvernement de Madrid a installé à Bilbao une officine Policière parallèle chargée de recruter des barbouzes. Leur mission : nettoyer, en les assassinant, ceux des activistes de l’ETA Militaire qui posent des bombes en Espagne et se réfugient, sitôt après, sur le sol Français. Parce qu’il serait trop risqué d’envoyer des policiers espagnols de ce côté-ci des Pyrénées, le GAL recrutera ses tueurs dans le milieu Marseillais, Bordelais ou Tarbais. Leur devise  : « œil pour œil, dent pour dent ». 

L’autopsie des victimes, au funérarium, livre un détail précieux : les tueurs ont utilisé deux armes automatiques qui portent la signature du milieu. Deux pistolets 9 millimètres qu’ils ont pris soin de jeter par-dessus le pont enjambant l’Adour. Le lendemain, le GAL revendique officiellement l’attentat du Monbar. En audition, Pierre Frugoli passe rapidement aux aveux. Un émissaire espagnol l’a rencontré à Marseille. Le contrat passé avec lui et son comparse Mattei était simple : 15.000€ chacun et une prime de 8.000€ supplémentaires pour chaque « terroriste basque » qu’ils exécuteraient ! Le recruteur rajoute une clause supplémentaire au contrat : en cas d’ennui, l’impunité leur sera assurée… A l’écouter, l’État français est « de mèche » avec son homologue espagnol. Le second suspect, en revanche, se montre plus dur à cuire : Lucien Mattei sort à peine de prison pour avoir commis plusieurs braquages. A l’écouter, il se dit blanc comme neige.