Replay du jeudi 19 novembre 2020

L’affaire du Rainbow Warrior : Madame X, épisode n°4 Scandale d’État

Juillet 85, le navire de Greenpeace explose dans le port d’Auckland. La police locale suspecte une opération d’espionnage montée par la France. Trois mois plus tôt, une Officier d’origine Béarnaise était partie en éclaireur. Elle a bien failli être interpellée. Mais l’espionne était déjà loin...

Après les révélations du journal Le Monde, la presse s'empare de l'affaire
Après les révélations du journal Le Monde, la presse s'empare de l'affaire © Getty - Laurent Maous

A Tel Aviv, Christine embarque dans le premier vol pour Paris. Il était temps ! Lorsque la police israélienne reçoit l’ordre de l’arrêter, la jeune femme est déjà à bord d’un avion de la compagnie Air France. Trop tard... Ce coup de chance évite à l’espionne béarnaise de goûter la paille et le cachot des prisons Néo-Zélandaises. La police locale est rapidement convaincue que l’attentat contre le Rainbow Warrior a été minutieusement préparé depuis Paris. Sitôt les repérages terminés, une seconde équipe d’agents-secrets a pris le relais. Entrent alors en action les pseudo-époux Turenge (en réalité, le Commandant Alain Mafart et « son épouse », la Capitaine Dominique Prieur). Plusieurs nageurs de combat les rejoignent à bord du voilier L’Ouvéa. Le commando place deux explosifs à la coque du bateau. Les quatre agents secrets disparaissent aussi rapidement qu’ils sont arrivés, récupérés en mer par le sous-marin Rubis.

L’affaire empoisonne maintenant les relations entre les deux pays.

Le Premier Ministre Néo-Zélandais est convaincu que cet attentat porte la signature de la France, une nation pourtant amie. A Auckland, la police arrête le faux couple suisse, les époux Turenge, pour leur participation à l’attentat. Inculpés de meurtre, ils risquent la prison à vie ! A Paris, on fait mine de ne pas comprendre. Le Rainbow Warrior devient le feuilleton de l’été 85. La presse répand sciemment de fausses rumeurs, histoire de brouiller les pistes. On parle d’agents secrets égarés, de militants d’extrême droite, voire même d’un coup des soviétiques… Le Premier Ministre dément officiellement toute implication de la France. Mais le journal Le Monde balance des révélations à tout va. Le 22 septembre, Laurent Fabius rétropédale. Il finit par admettre que ses Services Secrets ont mené l’opération. L’effet est désastreux. L’affaire vire au scandale d’État : le Ministre de la Défense démissionne et le patron de la DGSE est limogé !