Replay du mercredi 24 février 2021

L'affaire Emile Vial : deux hommes et une femme, épisode n°3 : la vengeance, un plat qui se mange froid

Retour sur l’affaire Émile Vial : à l’été 1983, un homme de 37 ans exécute à coups de carabine Jacques Piquet, un patron d’hôtel bayonnais, qu’il suspecte d’être l’amant de sa compagne. Quatre jours plus tard, le suspect en fuite se rend à la police !

Un interrogatoire qui pourrait tout changer !
Un interrogatoire qui pourrait tout changer ! © Getty - mevans

Placé en garde à vue, le suspect accepte de s’expliquer. Oui, c’est bien lui qui, dans la nuit du 18 juillet 1983, a assassiné l’hôtelier bayonnais, Jacques Piquet. A l’écouter, tout a commencé deux semaines auparavant : sa compagne, Marie-Dominique, avait quitté le domicile conjugal en emmenant leur fille Sandrine. La faute sans doute aux nombreuses disputes qui émaillaient de plus en plus le quotidien de ce couple landais installé à Buglose, près de Dax. Cette fois, la jeune femme s’était jurée de ne plus y revenir. « Où est-elle partie vivre, selon vous  ? » demande le policier. « Chez Jacques, son patron » ! Officiellement, Marie-Dominique bossait comme femme de chambre à l’Hôtel Vauban. Mais, Émile Vial se doutait bien qu’elle nourrissait une liaison avec son patron. D’ailleurs, ce 29 juin, Piquet déboulait avec un acolyte au domicile de Vial pour une drôle de visite. Sans dire un mot, les deux compères lui ont infligée une raclée.

Quel était donc l’objet de cette visite peu courtoise ?

Selon Emile Vial, cette visite n’avait rien de courtoise. L’hôtelier bayonnais lui aurait clairement signifié que dorénavant, Marie-Dominique vivra, avec Sandrine, chez lui. Et que Milou ne s’avise surtout pas de tenter quoique ce soit pour la ramener. Les deux molosses secouent tellement Émile Vial que ce dernier n’a dû son salut qu’à un huissier de justice qui venait lui porter un feuillet bleu à la demande de son banquier. Qui est le second acolyte qui accompagnait Jacques Piquet lors de cette expédition punitive ? Vial désigne sans hésiter un certain Patrick de Carvalho. Les policiers connaissent bien ce voyou qui s’illustrera, un an plus tard, dans un attentat à la moto piégée à Biarritz. Deux semaines durant, Émile Vial a donc patiemment ruminé sa vengeance. Pour ramener sa compagne à la maison, il aura tourné aux alentours de l’Hôtel Vauban, son pistolet Beretta armé de plusieurs cartouches dans la poche, attendant l’heure H pour se venger.