Replay du vendredi 26 février 2021

L'affaire Emile Vial : deux hommes et une femme, épisode n°5 crime passionnel

Deux ans après le meurtre d'un hôtelier bayonnais, coup de théâtre : la jeune femme impliquée dans cette affaire meurt à son tour à Pau. Reconvertie dans la prostitution, elle est étranglée dans le petit appartement palois où elle faisait commerce de ses charmes.

Un verdict très attendu dans cette affaire à rebondissements
Un verdict très attendu dans cette affaire à rebondissements © Getty - Chris Collins

Les policiers de la brigade criminelle doivent maintenant élucider le meurtre de Marie-Dominique Redon. La jeune prostituée originaire de la côte basque a-t-elle été victime d’un client de passage ou bien a-t-elle été supprimée pour éviter qu’elle ne parle lors du procès de son ancien concubin qui doit s’ouvrir, neuf mois plus tard, aux assises à Pau ? Sur la côte basque, les spéculations vont bon train. Les enquêteurs se demandent même si les fréquentations douteuses de la jeune femme lui auraient fait croiser la route des sanglants commandos du GAL. En effet, l’un des amis de Jacques Piquet, son ancien employeur, est accusé d’avoir commis un attentat survenu à Biarritz en juin 1984. Un acte officiellement revendiqué par le GAL. Mais, l’affaire dans l’affaire tourne court. Les policiers palois finissent par interpeller le meurtrier de la jeune femme : il s’agit d’un jeune militaire qui n’avait pas supporté qu’elle se moque de ses problèmes d’érection.

L’heure du procès sonne maintenant pour le meurtrier présumé de l’Hôtel Vauban…

Jeudi 20 février 1986, le procès d’Émile Vial débute au Palais de Justice de Pau. Face aux jurés, l’accusé corpulent vêtu d’un costume de velours plaide coupable. La nuit du drame, il a cassé la porte de la chambre où Jacques Piquet dormait aux côtés de sa compagne. Le doigt sur la gâchette, « les coups seraient partis tout seul, comme une succession d’accidents » clame-t-il sans crainte d’être contredit par les experts. Certes, ni la victime, ni le témoin n°1 ne le contrediront puisqu’ils sont morts depuis. Mais, aux yeux de l’avocat général Lorans, l’accusé a bien commis un assassinat. Mari trompé, Emile Vial répète qu’il n’avait d’autre choix pour « récupérer » sa compagne et sa fille. Décrit comme « un homme à femmes, papa gâteau, ou amant diabolique », l’accusé aux multiples facettes aurait tenté de retrouver « sa dignité d’homme » en éliminant son rival. Un mobile trop louable pour être cru. Verdict : six ans de prison.