Replay du lundi 23 novembre 2020

L’affaire Jacques Chaban-Delmas : Un poison nommé rumeur / Épisode n°1 : Ultime voyage

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Il y a 20 ans, en novembre 2000, les habitants du village d'Ascain, au pied de la Rhune, rendaient un dernier hommage à l’un des leurs : l’ancien premier ministre Jacques Chaban-Delmas, disparu à 85 ans...

Jacques Chaban-Delmas à l'Assemblée Nationale (1986)
Jacques Chaban-Delmas à l'Assemblée Nationale (1986) © Getty - Alexis Duclos

Mardi 14 novembre 2000, le village basque d’Ascain est en deuil. Une foule d’anonymes se presse à l’église pour rendre un dernier hommage à l’ancien premier ministre, Jacques Chaban-Delmas, décédé quatre jours plus tôt à Paris. Le matin même, le président Jacques Chirac lui a rendu les hommages officiels de la république à l’hôtel des Invalides. Selon la coutume, le chœur des hommes accompagne la cérémonie de quelques chants basques, avant son inhumation au cimetière voisin. Sa tombe est d’une sobriété toute gaullienne. A l’image des cimetières du Pays Basque et de la vie publique du grand homme. Chaban et Ascain, c’est une vieille, très vieille histoire. Voilà plusieurs décennies que l’homme fort de la région Aquitaine avait choisi cette bourgade au charme si typique pour y installer sa résidence secondaire. Ces derniers temps, le vieil homme était discret. C’est ici, au pied de la Rhune, qu’il a élu sa dernière demeure. 

Jacques Chaban-Delmas s’est éteint à l’âge de 85 ans, vendredi 10 novembre 2000, la veille des commémorations de l’Armistice de la grande guerre. Un symbole de plus pour cet homme né en 1915. Avec lui disparaît l’une des personnalités politiques flamboyantes du pays. Il entre dans l’histoire par la porte de la résistance. Fervent soutien du général De Gaulle, Jacques Chaban-Delmas participe à la libération de Paris en août 44, devenant à 29 ans le plus jeune général de France depuis l’empire. Deux ans plus tard, Chaban est élu maire de Bordeaux. Un fauteuil qu’il conservera un demi-siècle durant. Chaban a traversé l’histoire politique de la seconde partie du vingtième siècle, collectionnant les portefeuilles : ministre, premier ministre, président de l’Assemblée Nationale. Un seul lui aura échappé, celui de chef de l’État. Un manque qui nous ramène au Pays Basque, trois décennies plus tôt. Ici s’est écrite l’une des plus douloureuses pages de son existence…