Replay du mercredi 25 novembre 2020

L’affaire Jacques Chaban-Delmas : Un poison nommé rumeur / Épisode n°3 : Affaire sensible…

Au cœur de l’été 1970, l’épouse du premier ministre Jacques Chaban-Delmas décède dans un accident de la circulation au Pays Basque peu avant le week-end du 15 août. L’événement crée un émoi certain dans le pays. Le jour du drame, son époux se trouvait à l'hôtel Matignon...

Jacques Chaban-Delmas lors d'une séance de dédicace à Sciences-Po le 25 novembre 1975
Jacques Chaban-Delmas lors d'une séance de dédicace à Sciences-Po le 25 novembre 1975 © Getty - François Lochon

Lorsqu’il apprend la pénible nouvelle, le premier ministre vaque à ses occupations, à son bureau de l’hôtel Matignon. Bouleversé, Jacques Chaban-Delmas décide de se rendre le soir même sur la côte basque. L’avion officiel de la République atterrit à l’aéroport de Biarritz. Il est 21h lorsque le chef du gouvernement pose pied à terre, avant de s’engouffrer dans la voiture du sous-préfet bayonnais qui le conduit aussitôt au chevet de son épouse.  A son arrivée, la malheureuse a déjà poussé son dernier souffle. La mort accidentelle de l’épouse du premier ministre sur une route du département, à quelques jours du week-end du 15 août, voilà un événement qui met le feu aux poudres en plein cœur de l’été. De la sous-préfecture au palais de justice de Bayonne en passant par le parquet général de Pau, l’enquête de gendarmerie ouverte l’après-midi même devient aussitôt une affaire signalée voire extrêmement sensible.

Fait inhabituel en cette matière, le procureur de la République bayonnais se déplace en personne sur les lieux du drame. Et pour cause, la chancellerie, place Vendôme, réclame déjà un rapport précis sur les circonstances de l’accident ! Personnalité de la victime oblige. Les gendarmes ont débuté l’enquête d’usage. Selon le témoignage du chauffeur de la DS, il aurait été gêné dans sa conduite par un véhicule arrivant à vive allure, dans le sens opposé en direction d’Urrugne. A l’écouter, il s’agirait d’une Citroën Ami-6 qui aurait dépassé une longue file de voitures, l’obligeant à se rabattre brusquement vers la droite. C’est alors que l’arrière de la DS aurait dérapé, percutant l’un des platanes longeant le bas-côté de la chaussée. Seul hic : le conducteur de la fameuse Ami-6 s’est volatilisé. S’est-il seulement rendu compte qu’un accident a résulté de sa conduite imprudente ? Le lendemain, la gendarmerie lance, dans la presse, un appel à témoin...