Replay du jeudi 26 novembre 2020

L’affaire Jacques Chaban-Delmas : Un poison nommé rumeur / Épisode n°4 : A tombeau ouvert…

Été 1970, l’épouse du premier ministre de l’époque, Jacques Chaban-Delmas, décède dans un accident de la circulation sur la commune d’Urrugne. Un appel à témoin est lancé dans la presse. Les gendarmes sont sur les traces d’un automobiliste qui aurait curieusement disparu…

Jacques Chaban-Delmas
Jacques Chaban-Delmas © Getty - Jacques Pavlovsky

Quelques jours plus tard, l’automobiliste finit par se manifester. Les gendarmes le cuisinent. Mais son interrogatoire apporte un éclairage bien différent sur les circonstances de l’accident. En effet, le jeune homme rapporte un détail capital : la DS noire de Madame Chaban-Delmas déboulait à toute allure dans les lacets menant à Béhobie. Son conducteur s’amusait même à jouer de l’avertisseur, comme s’il pressait les autres véhicules de lui céder le passage ! Tiens donc. Deux douaniers en patrouille, près de la frontière, confirment cette version des faits. Selon les gabelous, la DS noire klaxonnait à tout-va sur cette portion de route faite de virages au milieu des platanes. Le conducteur de Madame Chaban-Delmas aurait-il eu le pied un peu trop pressant sur l’accélérateur ? Les enquêteurs le convoquent à nouveau. L’employé de maison finit par avouer la vérité : il avait pour consigne de conduire vite. Très vite. Trop vite. Mais pourquoi donc ?

Selon le chauffeur, Madame Chaban-Delmas souhaitait conduire son fils Jean-Jacques en gare d’Irun où il devait monter à bord du train en partance pour Madrid. Or, par une fâcheuse étourderie, le jeune homme venait de s’apercevoir qu’il avait oublié l’une de ses valises à la maison familiale d’Urrugne. Ordre lui a donc été donné de revenir sur ses pas. Sauf que la pendule avançait et qu’à moins de donner un furieux coup d’accélérateur, le fils Chaban allait rater son train. Yves Léonard concède donc que l’épouse du premier ministre l’a invité à rouler à toute allure. La suite, on la connaît. Au parquet de Bayonne, les conclusions de l’enquête changent radicalement la donne. L’accident mortel ne résulte nullement d’une faute de conduite d’un tiers mais d’une vitesse excessive imputable au véhicule accidenté. Affaire classée. Sauf que cette vérité semble trop simple aux yeux de certains. De bien vilaines rumeurs se font jour…