Replay du mardi 26 janvier 2021

L’affaire Jean Elichalt : l'habit fait le coupable, épisode n°2 la chasse à l'homme

En juillet 1840, un retraité de 80 printemps est assassiné dans sa ferme au village de Domezain, près de Saint-Palais. Sa belle-fille découvre le cadavre lacéré de plusieurs coups de couteau, au beau milieu de la cuisine.

Sa belle-fille découvre le cadavre lacéré de plusieurs coups de couteau, au beau milieu de la cuisine
Sa belle-fille découvre le cadavre lacéré de plusieurs coups de couteau, au beau milieu de la cuisine © Getty - South_agency

On alerte aussitôt les voisins qui préviennent à leur tour, Monsieur le Maire, lequel arrive sur les lieux du crime, accompagné de plusieurs gendarmes à cheval de la brigade de Saint-Palais. L’adjudant inspecte la ferme. Une fois encore, c’est un voleur de campagne qui a voulu cambrioler l’habitation en profitant de l’absence de l’épouse. Surpris sans doute par la présence du patriarche dans la cuisine, il l’a tué en l’égorgeant ! Pour les enquêteurs, il n’y a guère de doute. Le malfaiteur a ensuite fouillé minutieusement l’habitation, dérobant ce qui avait de la valeur. Il a même emporté la coquette somme de 300 francs. Les gendarmes dressent alors un procès-verbal de leurs constatations. Selon Catherine, le malfaiteur a fait main basse sur plusieurs chemises ainsi qu’un pantalon en velours. Jeanne, une voisine se signale. Elle a aperçu un inconnu, près de la ferme Larrandart, peu avant l’heure supposée du crime. « Un inconnu ? Tiens donc ». 

Le témoin donne-t-il des éléments utiles sur le portrait du suspect ?

Selon l’agricultrice, l’homme était barbu. Malgré sa casquette, elle a vu ses cheveux noirs comme le cirage. Les gendarmes lancent une battue à travers la campagne. Aidés par les hommes du village, ils explorent les moindres recoins des environs. Près d’un ruisseau, on découvre un pantalon noir troué, une paire de bretelles et une chemise bleue. Et si l’assassin s’était changé là, avant de prendre la fuite ? Les Gendarmes placent ces vêtements sous scellés. Au cas où. S’il s’est changé là, l’assassin a probablement voulu brouiller les pistes. Il est donc maintenant vêtu des habits dérobés à la ferme Larrandart. Les gendarmes alertent aussitôt les brigades avoisinantes. La chasse à l’homme commence. Méthodiquement, les enquêteurs notent tout ce qu’on leur signale d’inhabituel. Et ça marche. Quatre jours avant le crime, un employé de la mairie de Navarrenx se souvient avoir reçu un homme indigent qui cherchait de l’argent.