Replay du mercredi 27 janvier 2021

L’affaire Jean Elichalt : l'habit fait le coupable, épisode n°3 le vagabond aux poches pleines

En juillet 1840, un agriculteur retraité est assassiné dans sa ferme à Domezain, près de Saint-Palais. Sa belle-fille découvre le cadavre lacéré de plusieurs coups de couteau. L’enquête débute. Les gendarmes découvrent près d’un ruisseau les vêtements de l’assassin présumé.

L’homme est sous mandat d’arrêt. On lui passe les menottes et le voici en route pour le Tribunal de Saint-Palais
L’homme est sous mandat d’arrêt. On lui passe les menottes et le voici en route pour le Tribunal de Saint-Palais © Getty - Choochart Choochaikupt / EyeEm

C’était le 19 juillet, en fin de matinée. Le secrétaire vaquait à ses tâches administratives lorsqu’un homme barbu aux cheveux noirs s’est présenté à son bureau. Tiens, voilà un détail physique qui attire l’attention du gendarme. Le visiteur disait sortir de la prison de Pau. Sans le moindre sou en poche, il venait réclamer l’aide réservée aux nécessiteux. « Et comment s’appelle donc ce visiteur ? ». Elichalt, Jean Elichalt, surnommé Briquet. L’homme est natif de Domezain. Le village du crime. Il a 36 ans. Ici, beaucoup disent de lui que c’est un bohémien. Mais sans plus. Les gendarmes présentent au témoin les fameux vêtements découverts près du ruisseau, peu après le crime. L’employé de mairie les reconnaît. Il est formel. Fin de la déposition. Les gendarmes vérifient. La prison paloise confirme qu’un certain Jean Elichalt a bien été libéré à la mi-juillet. Le condamné venait d’y purger une peine de cachot pour vols et vagabondage.

Les gendarmes sentent bien qu’ils sont sur la bonne piste

Les gendarmes resserrent l’étau. Ce Elichalt aurait donc fait étape à Navarrenx, une commune à l'ouest de Pau, avant de se rendre à Domezain. Ordre est donné par le juge d’instruction de Saint-Palais de l’interpeller séance tenante ! Deux jours plus tard, l’enquête rebondit à Pau. Un aubergiste signale à la maréchaussée qu’un pensionnaire arrivé la veille portait une chemise blanche étrangement maculée de sang. La lavandière est formelle, le curieux client aurait même fait assaut de générosité pour payer le prix de la nuitée : une centaine de francs sortis de sa poche sans le moindre scrupule. Les gendarmes se rendent aussitôt sur place. Le client se nomme Jean Elichalt ! Bonne pioche. L’homme est sous mandat d’arrêt. On lui passe les menottes et le voici en route pour le tribunal de Saint-Palais. Pendant ce temps, les enquêteurs amassent plusieurs témoignages particulièrement accablants contre celui qui est devenu le suspect n°1.