Replay du jeudi 28 janvier 2021

L’affaire Jean Elichalt : l'habit fait le coupable, épisode n°4 comme un puzzle

Juillet 1840, le vieux Larrandart est assassiné dans sa ferme du village de Domezain, près de Saint-Palais. L’enquête mène les gendarmes sur la trace d’un homme trentenaire natif du village. Plusieurs témoins disent le reconnaître.

Le coup de grâce tombe lorsque Jeanne, la voisine de la ferme du crime, désigne le suspect sans hésiter | Photo d'illustration
Le coup de grâce tombe lorsque Jeanne, la voisine de la ferme du crime, désigne le suspect sans hésiter | Photo d'illustration © Maxppp - Glow Images

Les pièces s’imbriquent comme un puzzle. Quelques heures après le crime, une couturière habitant le village de Tabaille, au nord de Saint-Palais, a aperçu un marcheur à pied. L’homme visiblement perdu lui a demandé la route vers Pau. Il portait un pantalon de velours. Exactement le même que celui dérobé, quelques heures auparavant, au domicile du vieux Larrandart. Mais surtout, une tâche de sang maculait le poignet gauche de sa chemise ainsi que ses souliers. Autre témoin à Navarrenx, une aubergiste se souvient d’un détail. Dans l’après-midi du 23 juillet, un client s’est présenté avec trois jeunes conscrits originaires de Bayonne. L’homme aurait offert une voire deux tournées générales avec cette phrase lourde de sens : « Aujourd’hui, c’est la tournée générale. C’est le vieux qui paie ! ». La tenancière désigne Jean Elichalt sans hésiter. Sa casquette et sa chemise ressemblent à s’y méprendre à celles volées dans l’armoire du vieil homme assassiné.

L’étau se resserre autour du suspect

Ultime détail : le suspect a fait étape à Navarrenx après l’assassinat du vieux fermier, alors qu’il regagnait Pau. Là même où les gendarmes l’interpellaient le lendemain. La boucle est bouclée. Face au juge d’instruction de Saint-Palais, Elichalt est impassible. Accusé d’être l’assassin du vieux Larrandart, il se dit innocent. Les témoins ? Ils se trompent, voire ils mentent. Le coup de grâce tombe lorsque Jeanne, la voisine de la ferme du crime, désigne le suspect sans hésiter. Le matin des faits, elle a aperçu Jean Elichalt près de la cour de l’habitation. Il était 8 heures. Soit quelques minutes à peine après que Catherine, la maîtresse de maison, ait quitté la cuisine familiale pour porter le déjeuner aux champs, à son époux et ses domestiques. Envers et contre tout, Elichalt affirme que c’est une regrettable erreur. Le jour des faits, il était à Pau, dit-il, dans un bordel avec des filles de joie. Hélas pour lui, aucun témoin ne confirme son récit.