- Accueil
- Nouvelle-Aquitaine
- Pyrénées-Atlantiques
- Infos
- Faits divers - Justice
- L'affaire Jean Gamarde - Enfumage, épisode 5
L'affaire Jean Gamarde - Enfumage, épisode 5
Le 2 novembre 1949, une ferme de Burosse-Mendousse part en fumée. Anéantis, ses jeunes propriétaires partent s’installer dans les Hautes-Pyrénées. Deux ans plus tard, les gendarmes de Garlin se rappellent à leur bon souvenir. Jean, le maître de maison, est interpellé et placé en garde à vue.
Le jeune paysan vacille. Il se souvient qu’effectivement, sitôt arrivé à la foire de Garlin, il lui manquait son portefeuille oublié à la ferme. Fâcheuse étourderie. Il a donc déposé épouse et enfant à Garlin, le temps de faire l’aller-retour et de les rejoindre pour le déjeuner au restaurant. Point final. L’enquêteur s’énerve franchement face à cet assaut de mauvaise foi : « pourquoi diable as-tu emprunté un chemin caillouteux et stationné ton véhicule loin des regards ? ». Et surtout, « comment expliques-tu que le feu a pris naissance peu après ? ». Pris au piège, Jean Gamarde fond en larmes, il entre enfin dans la voie des aveux : oui, c’est lui le pyromane ! Il a allumé le feu aux thuyas et à un tas de fougères situés à quelques mètres de la porcherie. A l’écouter, c’est le vent qui aurait propagé le feu aux hangars situés près de là. On interroge les pompiers. L’un d’eux est formel : ce jour-là, le vent ne soufflait pas. Encore un énième mensonge.
Des questions demeurent
Autre question, pourquoi ce paysan plutôt aisé a-t-il joué les pyromanes ? Gamarde explique qu’il comptait bien sur la prime versée par l’assurance pour dédommager la part de ses deux sœurs lors du partage successoral de ses parents. Il serait ainsi devenu l’unique propriétaire de la ferme familiale. Mauvais calcul. Sitôt sa garde à vue achevée, l’agriculteur trentenaire est conduit au palais de justice Palois où le juge d’instruction l’inculpe du crime d’incendie volontaire et l’envoie en prison. Deux mois plus tard, son procès s’ouvre devant la Cour d’Assises des Basses-Pyrénées. Le public de curieux venus en masse constate que, pour une fois, l’accusé n’a rien du gibier habituel peuplant les prisons : décrit comme un fermier vaillant, prêt à aider ses voisins, Gamarde pleure comme une madeleine face à ses juges, ravagé par la honte d’être un escroc-pyromane. Pour cet écart de conduite, la Cour le condamne à 4 années de prison, avec sursis.