Replay du lundi 18 janvier 2021

L’affaire Jean Joseph de Laborde : riche, comme Crésus, épisode n°1 le jugement dernier

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Il y a deux siècles naissait Jean-Joseph Laborde. L’enfant pauvre d’origine ossaloise deviendra un négociant hors-pair puis l’un des hommes les plus riches du royaume de France. Sous la Terreur, les révolutionnaires le condamnent à mort. Quel crime ce béarnais illustre a donc commis ?

La vallée d'Ossau dont est originaire Jean-Joseph de Laborde
La vallée d'Ossau dont est originaire Jean-Joseph de Laborde © Getty - Tony Goran

Il a été l’un des hommes les plus riches, les plus puissants du royaume de France. Et pourtant. Ce vendredi 18 avril 1794, Jean-Joseph de Laborde quitte la Conciergerie du Palais de Justice de Paris. Les mains ligotées, le regard abattu, le vieil homme monte dans la charrette des condamnés à mort. Hasard du calendrier, c’est le jour où les catholiques célèbrent le vendredi Saint que ce célèbre béarnais sera exécuté. Au loin, place de la Révolution, qui deviendra plus tard la place de la Concorde, de Laborde aperçoit l’horrible guillotine autour de laquelle une foule en liesse attend de contempler le sang des condamnés. En ce printemps 1794, ni la fortune, ni l’entregent politique ne préservent contre la Terreur révolutionnaire qui ébranle le Pays. Quinze mois plus tôt, le Roi Louis XVI a été guillotiné, suivi de Marie-Antoinette à l’automne suivant. Ce beau matin d’avril, le tribunal révolutionnaire a condamné de Laborde à la peine de mort !

Jean-Joseph de Laborde naît à Jaca, dans la province espagnole de l’Aragon, le 27 janvier 1724. C’est de ce côté-ci des Pyrénées que ses parents d’origine ossaloise ont choisi de s’installer. A l’époque, le négoce des moutons, du vin, du cuir ou du sel assure la prospérité de ce petit coin de montagne. Jean-Pierre, le père du garçonnet ne réussit guère dans les affaires. Les fins de mois sont si rudes qu’il peine à nourrir son épouse et leurs quatre enfants. Malgré tout, le jeune Jean-Joseph se passionne pour l’apprentissage de l’écriture, du calcul, et de la géographie. Autant de matières décisives qui feront de lui, plus tard, un génie des affaires. En 1734, le garçonnet souffle sa dixième bougie. Son père décide de le confier à un cousin Bayonnais. Là-bas au moins, son fiston pourra travailler et, qui sait, s’assurer un avenir. Avec une modeste valise pour seul bagage, Jean-Joseph et son père traversent la montagne. Un aller sans retour.

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