Replay du mercredi 20 janvier 2021

L’affaire Jean Joseph de Laborde : riche, comme Crésus, épisode n°3, la route de la fortune

Il s’appelait Jean-Joseph Laborde. Ce béarnais parti de rien est devenu, au 18ème siècle, l’un des hommes les plus riches du royaume de France. C’est à Bayonne qu’il a construit sa fulgurante ascension sociale. Mais comment s’y est-il pris ?

Louis XV apprécie tout particulièrement les talents de Jean-Jacques Laborde
Louis XV apprécie tout particulièrement les talents de Jean-Jacques Laborde © Getty - ZU_09

Affairiste hors pair, Jean-Jacques Laborde est aussi un infatigable voyageur à cheval. A Saint-Malo, il négocie avec des marchands d’armes. A Paris, il traite avec la célèbre Compagnie des Indes. De Cadix à Lorient, le nom du négociant bayonnais fait mouche. A 27 ans seulement, l’ex-enfant pauvre, né à Jaca, s’est imposé comme le patron de la plus imposante maison de commerce du sud-ouest. Ses navires remplis de vanille et de café parcourent les océans. Sa fortune est si solide que la Couronne de France l’autorise à importer les meilleurs métaux précieux d’Amérique. Des métaux qu’il revend ensuite, au prix fort, aux ateliers royaux fabriquant la monnaie, dont celui de Pau. Dans l’entourage du Roi de France, l’ascension fulgurante de ce négociant béarnais suscite d’énormes convoitises. A l’époque, la Monarchie affiche de gros besoins d’argent. De l’argent qu’elle emprunte auprès de riches particuliers qui deviennent ainsi les banquiers du Roi.

Le nom de Laborde devient incontournable dans les cercles du pouvoir !

A Paris, les conseillers de sa Majesté susurrent à l’oreille de Laborde qu’il pourrait rendre de grands services à l’État, en lui prêtant de l’argent ! Et voilà qu’en 1752, l’homme d’affaires signe son premier prêt : quatre millions d’écus remboursables un an plus tard. Premier prêt d’une longue série qui lui rapportera de gigantesques profits. Jean-Jacques Laborde devient aussi un homme influent. La guerre sévit en Europe. Tandis que les autorités portugaises bloquent le navire Duc d’Aquitaine dans le port de Lisbonne, le ministre des affaires étrangères confie au béarnais la rude mission d’intercéder auprès de ses voisins Européens. Laborde part aussitôt à cheval. Après une courte halte à Saint Jean Pied de Port, l’émissaire est accueilli en homme d’état. En négociateur madré, le béarnais réussit le coup de force. Les portugais autorisent le navire à rentrer en France. Pour le Roi Louis XV, ce Laborde est un génie dont a il le plus grand besoin.

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