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L’affaire Jean Joseph de Laborde : riche, comme Crésus, épisode n°5, "ennemi" du peuple

Il fut riche comme Crésus. Jean-Joseph de Laborde, ce béarnais né dans la misère en 1724, devient négociant sur le port de Bayonne. Il achève sa fulgurante ascension sociale à Paris, dans l’entourage du Roi de France. Mais, en 1789, le ciel s’assombrit : la Révolution Française agite le Pays.

Le Palais du Luxembourg où est emprisonné Jean-Jacques Laborde avant d'être jugé puis guillotiné
Le Palais du Luxembourg où est emprisonné Jean-Jacques Laborde avant d'être jugé puis guillotiné © Getty - David Briard

La prise de la Bastille déclenche de vibrants mouvements populaires, à Paris et en province. En attendant que le calme revienne, Jean-Jacques de Laborde vit reclus à l’ombre de son somptueux château de Méréville, dans l’Essonne. « Restons sereins » se dit le béarnais qui verrait d’un bon œil davantage de libéralisme, histoire d’arranger ses affaires. L’un de ses fils, François, s’aventure même aux côtés des révolutionnaires. Mais, les nuages commencent à s’amonceler au-dessus du richissime béarnais. Une foule en colère, armée de piques et de hallebardes, s’approche du château de Versailles. En Janvier 1793, le Roi Louis XVI est guillotiné. Une dénonciation atterrit sur le bureau du Comité de Surveillance. Des fanatiques, proches de Clément Marat, reprochent à de Laborde d’avoir été le banquier du Roi. Selon les révolutionnaires, il serait même « un conspirateur ». L’heure est venue de « rabattre du beau gibier pour la guillotine ».

De Laborde est arrêté par les révolutionnaires

Ce 7 novembre 1793, Jean-Joseph de Laborde est arrêté et emprisonné au Palais du Luxembourg. Ses voisins de cellule sont des magistrats, des marquis, des comtes et plusieurs maréchaux qui pourraient bien finir sur la guillotine. Les Juges reprochent à l’illustre béarnais ses voyages d’affaires et ses relations d’argent qui feraient de lui « un agitateur », « un spéculateur ». En somme, un ennemi du peuple. Ses châteaux sont confisqués. Le 18 avril 1794, de Laborde comparaît devant le tribunal révolutionnaire. Peu importe ce qu’il dira pour sa défense. Fouquier-Tinville réclame sa mort ! Il l’obtient. L’après-midi même, Jean-Jacques de Laborde est livré au bourreau Samson. Sa tête finit dans une corbeille en osier. En Béarn, peu de souvenirs subsistent de lui sinon une élégante demeure : le Château de Bielle en Ossau. Ce village bien loin de Paris dont le cimetière abrite la sépulture de nombre de ses descendants.

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