Replay du jeudi 13 mai 2021

L’affaire Jérémy Rose : Une nuit, au mauvais endroit. Episode n° 4, La Chasse aux yankees

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Il y a 10 ans, dans la nuit du 26 février 2011, un étudiant originaire des Pyrénées-Atlantiques, était poignardé par un inconnu dans une rue de Toulouse. Les policiers tiennent un début de piste, mais la colère de ses proches s’exprime à l’occasion d’une marche blanche, un samedi de mars 2011.

Les trois suspects ont été retrouvés par les policiers
Les trois suspects ont été retrouvés par les policiers © Getty - Eric BERACASSAT

Révoltés par cette violence croissante qui vole impunément des vies, plusieurs centaines d’anonymes se joignent à une imposante marche blanche organisée un samedi de mars 2011 sur le pavé de la ville rose. Leur objectif : rendre hommage à Jérémy et, une fois de plus, interpeller les pouvoirs publics sur cette insécurité criminelle galopante. Côté enquête, les policiers toulousains finissent par localiser les trois suspects qu’ils placent en garde à vue. L’un d’eux, prénommé Driss, se met rapidement à table. Il raconte que ce soir de février, lui et son copain Hicham regagnaient le domicile d’un pote prénommé Magdoub. Au bas de l’immeuble, Hicham aurait lancé : « attends-moi une seconde, je reviens ». Driss l’aurait attendu là. Quelques instants plus tard, il affirme avoir entendu un cri. Hicham l’aurait rejoint, expliquant qu’il venait de « planter un type ». Lequel aurait refusé de « vider ses poches ». L’enquête fait un pas de géant.

Selon le jeune suspect, la soirée avec son pote Hicham avait débuté dans une boîte de nuit toulousaine, le Shangaï. Refoulés à l’entrée, l’idée leur vient, sur le chemin retour, de ratisser le quartier malfamé de Saint-Michel. Leur cible : des hommes seuls, sans défense, des étudiants de préférence. Des proies si peu farouches que les deux prédateurs les surnomment « des Yankees ». Leur première victime ce soir se prénomme Salvador. Il est minuit 50 lorsque ce jeune étranger essuie un violent coup de poing au ventre, histoire qu’il remette son portable et son portefeuille aux deux inconnus qui l’abordent. Deux heures plus tard, c’est au tour de Jérémy Roze. L’étudiant béarnais aurait-il payé de sa vie son refus de se laisser faire ? Probable. Lâchement, les deux suspects se renvoient la balle sur le geste fatal. Une chose est sûre : l’arme du crime a disparu. Les suspects s’en sont débarrassés dans une bouche d’égout, à Limoges.