Replay du mardi 27 avril 2021

L’affaire Louis Althape : épisode n°2, face au juge

Fin avril 1996, il y a exactement 25 ans, le sénateur béarnais Louis Althape fait malgré lui la Une de l’actualité judiciaire dans la région. Ses ennuis débutent le mardi 30 avril du côté du Palais de Justice de Pau.

Louis Althape face à la justice à Pau
Louis Althape face à la justice à Pau © Maxppp - KLUBA Tadeusz / PHOTOPQR/SUD OUEST

Louis Althape a l’habitude de gravir les marches des palais de la République. En cette veille de 1er mai, il monte à contrecœur celles du Palais de Justice de Pau. Il est bientôt 14h30. Le juge d’instruction Christian Mirande l’attend de pied ferme à son cabinet où il entend l’interroger sur la sulfureuse affaire de la maison de retraite d’Aramits baptisée les Jardins de Sully. Depuis un an, le magistrat palois enquête sur cette histoire de gros sous que la presse locale ressasse à l’envi et dans laquelle le nom du sénateur-maire béarnais remonte à la surface. Secrètement, l’homme fort de Lanne en Barétous redoute ce rendez-vous. Il sait en effet que le juge Mirande se démène comme un diable, ces dernières semaines, afin que soit levée son immunité parlementaire. L’immunité : un bouclier solide grâce auquel Louis Althape peut échapper provisoirement à la prison. A condition que le bureau du sénat accepte la demande du magistrat

Autrement dit, si le sénat lève l’immunité de l’élu béarnais, il risque le pire

Seul hic, le procureur général Michel Jacques refuse une pareille éventualité. Selon le chef du parquet, les délits reprochés à Louis Althape semblent sérieux s’agissant d’un élu de la République. Mais ils ne justifient pas qu’il aille au trou. Du moins pas avant qu’il n’ait été jugé et condamné par un tribunal. Accompagné de Maitre Baloup, son avocat parisien, Louis Althape s’assoit sur le fauteuil rouge habituellement réservé aux dealers de drogues et autres meurtriers présumés. Le ton est cordial. Mais, le magistrat et le sénateur s’observent en chien de faïence. Le juge Mirande ouvre le bal. Il suspecte l’élu béarnais d’avoir commis de multiples délits depuis qu’il a fondé cette maison de retraite ouverte six ans plus tôt, en novembre 1989. Louis Althape proteste. Il s’est d’ailleurs retiré de cette société depuis janvier 1993. Mais rien n’y fait. Le juge soupçonne le sénateur d’avoir détourné pas moins de 170.000€ à son profit personnel.