Replay du mercredi 28 avril 2021

L’affaire Louis Althape : épisode n°3, le magot de Marie-Rose

Avril 1996, le sénateur béarnais Louis Althape se retrouve au cœur d’une tempête judiciaire. Un juge d’instruction palois lui reproche d’avoir détourné à son profit d’importantes sommes d’argent lorsqu’il s’est associé à une infirmière pour fonder et ouvrir une maison de retraite, à Aramits.

Les curieuses pratiques de Marie-Françoise Sierra, la gérante des Jardins de Sully à Aramits, au cœur de l'affaire
Les curieuses pratiques de Marie-Françoise Sierra, la gérante des Jardins de Sully à Aramits, au cœur de l'affaire © Getty - RUNSTUDIO

L’affaire a débuté à l’automne 1994. Suite à un « tuyau anonyme », les policiers des renseignements généraux alerte Monsieur le Préfet sur les curieuses pratiques de la gérante des Jardins de Sully, à Aramits. Selon l’informateur, la bonne dame détournerait d’importantes sommes d’argent au préjudice de ses pensionnaires. Le rapport atterrit peu après sur le bureau du procureur palois, Raymond Doumas, qui ouvre aussitôt une enquête. L’affaire est sensible. Nul n’ignore en effet que cette maison de retraite a été fondée puis gérée par Louis Althape, l’un des sénateurs du département. Les gendarmes de la section recherches se mettent donc discrètement au travail. Mardi 7 mars 1995, la gérante, Marie-Françoise Sierra, est placée en garde à vue. L’ex-infirmière de campagne affirme ne pas comprendre. Certes, son établissement bat de l’aile. Mais elle jure, la main sur le cœur, n’avoir rien pris du patrimoine de ses vieux clients.

Et pourtant, les enquêteurs tiennent plusieurs preuves dans leur besace

Les gendarmes abattent leurs cartes : « Ces 74.000€ sur votre compte, ils sortent d’où ? ». Cette somme colossale provient du compte bancaire de Marie-Rose, une pensionnaire âgée de l’établissement. C’est un « don » selon Marie-Françoise Sierra qui ne dispose hélas d’aucun écrit ! Autre anomalie : la directrice détient la clef ouvrant le coffre-fort de sa résidente à la BNP où de juteux bons anonymes y sommeillent. Marie-Françoise Sierra admet que la trésorerie de sa maison de retraite battait de l’aile. Les dettes s’accumulaient. Alors, pour combler le trou, la pensionnaire et sa sœur auraient accepté de prêter de plus en plus d’argent à la directrice qui préfère parler « d’avances sur pension ». Peu convaincant. Les économies de la vieille dame ont servi en réalité à renflouer les caisses d’une société moribonde. Deux jours plus tard, la directrice indélicate est mise en examen pour abus de faiblesse. Le Juge Christian Mirande l’envoie illico en prison.