Replay du jeudi 29 avril 2021

L’affaire Louis Althape : épisode n°4, réponse de la bergère au berger

Avril 1996, n juge d’instruction palois suspecte le célèbre sénateur béarnais Louis Althape d’avoir détourné d’importantes sommes d’argent lorsque, 6 ans plus tôt, il s’est associé avec Marie-Françoise Sierra, une infirmière d’Aramits avec laquelle il a fondé une maison de retraite.

Grâce à de relevés de banques et bilans comptables les gendarmes affirment que les comptes de la maison de retraite ont servi à régler certaines de ses factures courantes du sénateur Althape
Grâce à de relevés de banques et bilans comptables les gendarmes affirment que les comptes de la maison de retraite ont servi à régler certaines de ses factures courantes du sénateur Althape © Radio France - Emmanuel Bouin

L’incarcération de Marie-Françoise Sierra provoque une onde de choc en Barétous, cette vallée où, en 1967, un tragique tremblement de terre défigura le village d’Arette. Redoutant que son nom soit sali par cette affaire, le sénateur Louis Althape qui fut un temps l’ex-associé de Mme Sierra, prend la parole. « Regrettant ce qui s’est passé », il rappelle s’être désengagé de l’établissement depuis son élection au Sénat. Il n’a donc rien à se reprocher. Et si besoin était, Louis Althape clame haut et fort qu’il fait… « confiance à la justice de son pays ». En prenant les devants, l’élu béarnais pressent-il qu’il est déjà dans le collimateur du juge Mirande ? Car, au fil de leurs investigations, les limiers de la financière passent à la loupe les relevés de banques des sociétés gravitant autour des Jardins de Sully : si les recettes de la maison de retraite sont depuis longtemps dans le rouge, ses deux associés semblent ponctionner copieusement la trésorerie.

Selon les gendarmes, les Jardins de Sully sont devenus une généreuse poule aux œufs d’or. Relevés de banques et bilans en mains, ils affirment que les comptes de la maison de retraite ont servi, entre autres, à aménager l’appartement de la concubine du sénateur, à acheter son véhicule personnel voire même à régler certaines de ses factures courantes, ainsi que les échéances de ses emprunts… Bon nombre de bouteilles de champagne, de whisky ou de Ricard auraient également été financées sur une bête exsangue. Du fond de sa cellule, l’ex-directrice comprend qu’elle a été balancée aux flics par son ex-associé, Louis Althape. Il lui aurait ainsi fait payer son refus de céder ses parts sociales. Réponse de l’infirmière au sénateur : Mme Sierra se met à table et balance tout ce qu’elle sait sur l’homme fort du coin. Le juge Mirande se frotte les mains face à tant de révélations. La mise en examen du sénateur devient inéluctable.