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L’affaire Louis Althape : épisode n°5, destin brisé

En avril 1996, le sénateur béarnais Louis Althape est suspecté d’avoir détourné d’importantes sommes d’argent du temps où il s’était associé à une infirmière de la vallée pour fonder une maison de retraite, à Aramits. l’annonce de cette mise en examen fait les gros titres.

Louis Althape au palais de justice de Pau
Louis Althape au palais de justice de Pau © Maxppp - KLUBA Tadeusz PHOTOPQR/SUD OUEST

Jeudi 2 mai 1996, la presse titre sa Une sur les « dérapages » de Louis Althape. Débute alors une interminable guérilla de chiffres, de recours juridiques et d’expertises de toutes sortes. « L’affaire » a mis du plomb dans l’aile du sénateur. En septembre 2001, Louis Althape perd son mandat au Palais du Luxembourg. Prémices d’un procès qui s’ouvre, dix-huit mois plus tard, devant le tribunal correctionnel palois face auquel l’ex-infirmière s’assoit côte à côte avec l’ex-sénateur pyrénéen. Les deux ex-associés sont aujourd’hui les pires ennemis. Le président Pierre Bouyssic déroule le fil de l’histoire : une infirmière libérale de campagne qui s’associe à l’homme fort du coin. Sans le moindre sou en poche, ils fondent la maison de retraite d’Aramits. Le loyer dû à la banque est si astronomique que les deux maigres pensionnaires présents à l’ouverture n’y suffiront pas : dès sa naissance, l’établissement est en danger de mort financière.

Autrement dit, le vers était dans le fruit

Les années passent et les dettes s’accumulent. Hélas, les résidents âgés ne se bousculent pas au portillon. « Il fallait vendre », selon Louis Althape qui reproche à la BNP d’avoir financé un établissement en état de mort clinique. Refus catégorique de Marie-Françoise Sierra qui s’accroche, coûte que coûte, à ce projet devenu son bébé. Un refus qui provoquera sa perte. En représailles, Louis Althape la dénonce aux policiers des renseignements généraux. Fâcheuse erreur de calcul. L’enquête qui débute finit pas éclabousser le sénateur et le conduit en correctionnelle. Coupables de banqueroute, faux et usage, abus de bien sociaux, les deux ex-associés subiront la même peine : deux ans de prison avec sursis et faillite personnelle. En juin 2004, la cour ajoute une grosse amende pour l’élu du Barétous. Elle lui permet d’achever son mandat de maire jusqu’en mars 2008. Ainsi s’est brisé le destin de celui qui fut l’un des plus jeunes élus du Pays.