Replay du jeudi 14 janvier 2021

L’affaire Notre Dame de Betharram : silence dans les rangs, épisode n°4 mauvais genre

En décembre 1995, un père de famille accuse la respectable Institution Notre Dame de Bétharram de violences ainsi que de traitements inhumains et dégradants au préjudice de son jeune fils. Une enquête est ouverte, les langues finissent par se délier…

Violences sur les élèves à l'Institution Notre Dame de Bétharram
Violences sur les élèves à l'Institution Notre Dame de Bétharram © Getty - Slonov

L’enquête de gendarmerie finit par rassembler de curieux témoignages. On savait certes qu’à Bétharram, l’éducation y est spartiate. Mais à quel prix ! Julien, un collégien âgé d’à peine 12 ans, rapporte avoir subi la punition dite du « pied de lit ». Traduisez : lorsqu’un interne perturbe le dortoir, le surveillant réveille l’ensemble de la chambrée. Les pensionnaires doivent alors se lever et rester debout, une heure ou deux en pleine nuit. De quoi forger le caractère… Autre délice du genre, « le perron ». L’élève indiscipliné doit alors faire le pied de grue, au piquet, sous la statue de la Vierge. L’institution ne s’en cache même pas. Officiellement, « le perron » est une mise à l’écart temporaire destinée à aider l’élève à comprendre et à se calmer… Enfin, pour les plus récalcitrants, il y a aussi « la baffe ». Et à en croire certains, elles ont tendance à pleuvoir plus que de raison. Françoise, une enseignante en mathématiques, rapporte en avoir été témoin.

Une enseignante qui dénonce le collège qui l’emploie, ça fait mauvais genre

La professeure affirme qu’avant la Toussaint, un élève a été blessé par un surveillant qui lui aurait jeté un palet de hockey sur la tête. Ses camarades se sont bien gardés de révéler l’incident à leurs parents. Par peur des représailles ? Certainement pas, selon la direction qui affirme, sans rire, qu’ils se sont tus « par amour charitable ». Plus tard, l’enseignante surprend un autre surveillant frappant un élève, dans une salle voisine à la sienne. Françoise se manifeste, pensant que sa présence mettrait un terme à ce charivari. Même pas. La pluie de baffes aurait continué de plus belle. Et la direction dans tout ça, que dit-elle ? Plusieurs témoins affirment sous le manteau que les pères blancs de Bétharram se taisent et laissent faire, soucieux qu’ils sont de défendre l’excellente réputation de l’Institution. Le directeur proteste. L’an dernier, il a viré sur le champ un surveillant qui avait enveloppé un élève de papier hygiénique, pour mieux le frapper !

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