Replay du vendredi 15 janvier 2021

L’affaire Notre Dame de Betharram : silence dans les rangs, épisode n°5 absolution

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En avril 1996, l’Institution Notre Dame de Bétharram est accusée par un parent d’élève de violences ainsi que de traitements inhumains et dégradants sur son adolescent de 14 ans. Une enquête débute et l’affaire fait rapidement tâche d’huile, dans les médias et le milieu éducatif…

La justice rend son verdict dans l'affaire de l'Institution Notre Dame de Bétharram
La justice rend son verdict dans l'affaire de l'Institution Notre Dame de Bétharram © Radio France - Stéphane Eursels / EyeEm

L’affaire dite des châtiments de Bétharram prend rapidement une ampleur nationale. En aurait-il été ainsi si l’un des 500 élèves de l’établissement n’était autre que le fils du Ministre de l’Éducation de l’époque, François Bayrou ? Face à ce torrent médiatique, de nombreux comités de soutien se constituent çà et là en faveur de l’Institution Notre Dame. Il y a des anonymes, des médecins, des avocats, mais aussi des visages bien connus tels le couturier Jean-Charles de Castelbajac ou le député RPR Michel Péricart. Tous défendent bec et ongles l’excellente réputation de leur bahut. Ce bâtiment aux murs de granit, construit en 1853, ressemble certes davantage à une caserne militaire entourée de chapelles et des montagnes. Mais, le taux de réussite au baccalauréat y est fort élevé. Et depuis bien longtemps. Selon ces anciens de Bétharram, les règles sont connues dès l’entrée. On n’est pas pris en traître. A bon entendeur

Que donne finalement la plainte qui avait mis le feu aux poudres ?

Côté gendarmerie, on décortique la plainte déposée par l’artisan habitant Gelos. Deux mois plus tard, les pandores rendent leur copie. Pour le surveillant qui a envoyé l’adolescent grelotter de froid, en slip sur les bords du Gave, bonne nouvelle : il échappe à toute poursuite. Le procédé est sans doute critiquable au plan éducatif. Mais, aux yeux de la loi, ce n’est pas une infraction. En revanche, le surveillant général, qui avait eu la main trop leste en giflant le jeune Marc, fera un tour en correctionnelle. Mardi 11 Juin 1996, Monsieur de BEHR s’avance à la barre. Et il n’en démord pas. Lorsque l’on a 160 élèves à surveiller au réfectoire, il faut tenir la discipline ! Peu importe ce qu’a pu dire l’adolescent sur le prix d’un verre cassé. Insolent ou pas, Mr de BEHR affirme qu’il a usé de son « devoir de correction ». En guise d’avertissement, la présidente Corinne Balian lui accorde l’absolution. Pour cette bruyante claque, ce sera 5.000 francs d’amende… Avec sursis.

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